GOOD MORNING CHICAGO
Nous sommes au moi de Novembre
http://www.booked.net
0
°
C
-2°
Chicago
Jeudi, 18
Prévisions sur 7 jours


¤ ANNEXES RAPIDES ¤
SITUATION ACTUELLE
BOTTIN
CHICAGO TRIBUNE
LE GUIDE POUR DEBUTER
SCENARIOS & PVS
¤ POUR NOUS SOUTENIR ¤
TOPS SITES
FACEBOOK
DISCORD


MEMBRES A L'HONNEUR

C
H
I
C
A
G
O




 
INTRIGUE : Le premier event est lancé ! Un sujet est ouvert dans le quartier de Canaryville => Vous inscrire Vous souhaitez nous donner vos réactions en direct sur les évents et rps ou simplement poser vos questions sur ceux-ci=> Commentons
Nouveautés :Ouverture de la race des démons , 5 places disponibles pour le moment. Création d'un Discord pour pouvoir papoter ensemble =>DISCORD CRIMSON DEATH


Seule, seule . (PV Graham)




avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 10/01/2018
Votre métier : à définir
Célébrité & Crédit : alicia vikander

Je suis

Seule, seule . (PV Graham) écrit Dim 14 Jan - 16:43





Elle continue de grogner alors que la ruelle est vide. Les pattes et le museau plein de sang, son regard devenu fou épie le moindre endroit en direction du plus petit bruit suspect : le vent qui siffle entre les briques, le clapotis d'une goutte d’humidité, tout, n'importe quoi. La nuit tombée la rend quasi irréelle. Hormis elle, personne ne s'y trouve. Sauf un animal, rendu méconnaissable.

Les chiens de quartier lui avaient aboyé dessus, poussés par l'effet de la meute.
"Seule, seule !" qu'ils avaient semblé dire à travers leurs aboiements de plus en plus bruyants. Comme elle n'avait pas réagi, les chiens errants avaient gagné en assurance. Ils avaient repoussé la louve jusqu'à un cul de sac dans une petite rue étroite. Sinead avait reculé, les oreilles couchées et les babines retroussées. Mais les chiens avaient continué à s'exciter. "Seule, seule ! Une femelle!" Un des plus gros chiens avait fait mine de la mordre, un simple test. Sinead avait laissé échapper un jappement plaintif: mélange de gémissement et de grognement. Soudain, ses prunelles s'étaient écarquillées en comprenant qu'ils lui tournaient autour dans un but précis. Quand un des chiens avait essayé de la monter, elle avait perdu toute retenu. Folle de rage, elle avait attrapé l'animal par le cou. Sa mâchoire s'était refermée sur les corps, punissant sans pitié, blessant les pattes et faisant couler le sang. Sa colère, terrible, était retombée sur un bâtard resté en retrait ; un élément plus faible que les autres. Le hurlement du petit chien avait résonné dans la nuit, faisant fuir ses congénères.

L'estomac noué par une faim qui n'a rien de substantiel : une faim morbide, dictée par sa rage, elle continue dorénavant de déchiqueter le ventre de l'animal. Elle mâchonne frénétiquement la chair sans l'avaler, celle-ci retombant par terre. Son pelage est souillé de sang et les tripes redécorent les pavés. Sa fureur l'étouffe. Incapable de se calmer, elle tremble des pattes à la tête. Elle a envie d'attaquer et de tuer à nouveau. Ses pensées se bousculent et parmi elles des souvenirs : une meute qui la jugeait juste bonne à procréer, une meute qui la punissait pour son comportement , une meute qu'elle n'a plus. Seule, seule...  le mot revient à chaque morsure qu'elle inflige à ce corps devenu charpie. Seule, seule, elle sent les os craquer sous ses crocs, seule, seule. Pourvu qu'aucun homme ne passe, qu'aucune âme qui vive ne la croise.



_________________

C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.


Dernière édition par Sinead Ells le Mar 16 Jan - 20:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 48
Date d'inscription : 09/01/2018
Votre métier : Gardien (S.A.I.S.)
Célébrité & Crédit : Jake gyllenhaal par Mery Mery Boom

This is going to go with me to my grave
STATUT RP: DISPONIBLE
Liens & Affinités: :
Song: Du Riechst so gut

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Lun 15 Jan - 9:51

Sinead
Ells

Graham
Davis

「 Seule, seule... 」
La journée de boulot s'est achevée tardivement, une habitude en fait, mais ça ne gêne nullement Graham. Sa faim rassasiée, il s’abandonne à sa bécane et voit à peine les rues défiler. Cette nuit, il arpentera Bridgeport et sa foule éclectique, ramassis de paumés, de pauvres travailleurs, mais aussi de damnés. Potentiel coupe-gorge, Graham vient jouer les protecteurs. Il a laissé son M.V. chez une connaissance. Elle dormira en toute sécurité. La clope au bec, les mains dans les poches, la démarche vive, un air belliqueux sur le visage, ses pieds foulent chaque rue. Il a le temps, son besoin de sommeil n’est pas énorme en ce moment. Le quartier semble plutôt calme, il ne croise pas de damnés, c’est pas plus mal.

Plusieurs aboiements attirent son attention. Graham s’arrête et écoute. Pas d’accalmie bien au contraire, ça s’amplifie. Quelque chose est là-bas, son loup lui parle. Ni une ni deux, il force l’allure, se dirigeant aux menaces des chiens. Des plaintes s’élèvent maintenant et un hurlement déchirant fait courir des frissons le long de sa colonne vertébrale. Manquant se faire renverser par une meute de chiens paniqués, il ralentit l’allure et passe la tête pour épier la ruelle. Graham se trouve sous le vent, une chance. Le hurlement s’est tu, mais le lycan découvre une bête au pelage blanc et rouge. Elle est attablée, lui s’ébroue. Malgré la distance qui les sépare, il peut sentir la fureur, la folie et le désespoir qu’elle dégage. Ce n’est pas bon. Il regarde autour de lui et soupire. Pas d’humains en vue, il faut croire que les rixes entre chiens ne les émeuvent point. Il jette son mégot dans une poubelle et garde les mains le long de son corps.

Graham apparaît à une trentaine de mètres de la bête. Il s’adosse à un mur et attend qu’elle ait fini de manger. Pourtant, sa façon de faire n’est pas normale. Il l’observe quelques secondes. D’ici, il ne peut savoir si s’agit d’un mâle ou d’une femelle, mais il reste muet devant la beauté de l’animal. C’est la première fois qu’il voit un loup blanc, aussi incongru que cela puisse paraître. Sa méfiance refait vite surface et d’un sifflement bref, il s’annonce. Graham se tient prêt, capable de se transformer en moins de deux minutes. Il devra agir vite.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 10/01/2018
Votre métier : à définir
Célébrité & Crédit : alicia vikander

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Lun 15 Jan - 20:19



Les craquements des os offrent des échos funestes qui apaisent un peu la louve. Il aurait suffi qu'elle reste seule pour qu'elle se calme ; elle songeait déjà à se cacher derrière une des poubelles et à se rouler en boule, fermant les yeux, n'écoutant plus que le grattement des rats, le miaulement lascif des chats, le vrombissement de voitures : le bruit des boyaux de ce quartier...  Soudain elle entend  quelqu'un siffler.  Les pattes figées dans une posture un peu grotesque, ses yeux jaunes s'écarquillent de stupeur. Elle relève son museau baigné de sang et laisse retomber la chair qui bonde sa gueule. Un homme est adossé à un mur, au bout de la ruelle. Son attitude suspecte dissémine une peur immédiate chez le louve. Le vent est dans le mauvais sens et ne lui renvoie pas l'odeur de l'inconnu. Au début, elle lâche une drôle de plainte, comme si elle venait brusquement de se recevoir un coup sur le museau. Elle recule, l'arrière train baissé. Elle a peur.

L'homme prend des allures de remémorations : les battues dans la forêt où elle courrait si vite que le paysage se déformait autour d'elle. Les coups de feu et les pattes à ses côtés, plus rodées qu'elles mais qui, pourtant, venaient de tomber. Sa langue qui passait sur le museau d'une louve à terre, son museau qui poussait l'animal devenu inerte. Et le bruit de la battue qui se rapprochait, les chiens qui aboyaient, de nouveau aboyaient... ils étaient joyeux, l'effervescence de la chasse, et les hommes sifflaient pour les guider. Sifflaient, comme l'homme vient de siffler. Alors elle gronde. Ses babines se relèvent et elle montre les crocs. Son comportement est étrange, influencée par la crainte de l'humain qu'elle déteste mais qui fait partie de sa vie, qui doit faire partie de sa vie ; elle ne sait plus, elle panique. Elle le menace de loin mais n'avance pas. Elle continue de reculer alors qu'elle est déjà dos au mur. Ses grognements sont entrecoupés de pleurs étranges, aussi désagréables que de la craie sur un tableau. Elle veut l'attaquer mais elle craint l'arme, le fusil, l'argent, alors elle s'enfuit en courant sur le côté. Mais il n'y a qu'un cul de sac ici. Son corps s'écrase contre les poubelles qu'elle renverse. Le sang sur ses pattes dessine le chemin de ses mouvements désordonnés et révèle la présence d'entailles profondes, des entailles faites par les chiens eux-mêmes, des blessures qu'elle avait espérées voir disparaître après quelques heures de sommeil. Le boucan est suffisamment infernal, ça et le bruit des combats passés, elle remarque, tout en haut du mur, au dernière étage d'un des bâtiments de briques froides, une fenêtre allumée. Sinead panique de plus en plus. Elle court de gauche à droite dans l'espace restreint, gémissant sans pouvoir s'arrêter, elle renifle le sol puis longe le mur, comme prise au piège. Et toujours, ce grondement en fond de gorge. "Si tu oses t'avancer, je te tue", qu'elle signifie clairement à l'être posté au bout de la ruelle. Au loin, très loin, ses oreilles sensibles captent le hurlement de gyrophares qui semblent crever la nuit. Ils s'approchent, sans doute contactés par des voisins qui croient avoir aperçu à travers leurs fenêtres pleines de crasse un loup, un véritable loup blanc, en train de déchiqueter un corps.   Ils seront là dans vingts minutes, elle ici, elle n'est pas la bienvenue. A chaque fois la louve aspire à fuir, mais la présence de l'homme au bout de la ruelle lui fait lâcher un jappement plaintif, et elle rebrousse chemin, repartant, revenant, des allers-retours qui filent le tournis, l’échine baissée et les crocs à moitié dévoilés.



_________________

C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.


Dernière édition par Sinead Ells le Mar 16 Jan - 20:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 48
Date d'inscription : 09/01/2018
Votre métier : Gardien (S.A.I.S.)
Célébrité & Crédit : Jake gyllenhaal par Mery Mery Boom

This is going to go with me to my grave
STATUT RP: DISPONIBLE
Liens & Affinités: :
Song: Du Riechst so gut

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Lun 15 Jan - 21:15

Sinead
Ells

Graham
Davis

「 Seule, seule... 」
Graham ne bouge pas alors que l’animal panique. Il ne ressent nulle empathie, seuls le risque et la dangerosité de la situation l’inquiètent. Une bête de cette trempe acculée s’avère un redoutable adversaire et il n’a pas vraiment envie de se battre là tout de suite. Même si le coin ne regorge pas beaucoup d’âmes qui vivent, ils sont bien trop à découvert. Clairement, le loup semble le craindre soit. C’est peut-être un avantage ou pas. Il ne peut s’empêcher de suivre du regard chaque mouvement fébrile de l’animal. Un ballet gracile mais funeste. Il est bien trop loin pour mesurer la profondeur des blessures, mais peut les apercevoir. Le loup lève la tête, Graham l’imite et soupire, un brin agacé. Parfois, certains comportements des humains le rendent amer. La perfection n’est pas en ce bas monde. Il perçoit à son tour le son criard des gyrophares et assiste à la montée en flèche du stress de l’animal.

- Ok! On se détend...

Graham lève les bras en signe de paix. Allez savoir comment l’animal comprendra le message. Lentement, il recule un peu sur le trottoir, les mains de nouveau le long de son corps. Il pivote et s’éloigne à grandes enjambées, d’une dizaine de mètres pour laisser le passage à l’animal. Il s’est placé de sorte à ce que le loup n’ait pas d’autre choix que d’emprunter une route bien particulière qui le mènera à l’écart de cette agitation. Chicago est sa ville, il en connaît les moindres recoins. Encore faut-il qu’il ne vienne pas à l’idée du loup, la désagréable lubie de lui passer dessus. Jetant un œil en arrière, il respire de savoir l’autorité encore loin. Dépêche-toi de bouger, grogne-t-il pour lui-même. Graham le suivra à la trace dès que l’animal se sera fondu dans l’obscurité. Il veut juste s’assurer que la bête retrouvera son self-contrôle. Qu’elle n’ira pas chasser de l’humain par plaisir ou pour toute autre raison d’ailleurs. La fortune leur sourit, peu de badauds arpentent les pavés froids et sales. Graham espère une diversion, mais il se focalise de nouveau sur l’animal. Patiemment, il attend. Son propre loup s’agite, il peut le sentir courir sous sa peau. L’adrénaline grimpe en flèche à l’idée de la poursuite.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 10/01/2018
Votre métier : à définir
Célébrité & Crédit : alicia vikander

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Mar 16 Jan - 20:01


Elle continue de gémir en tournant en rond. Les sirènes, elle les entend trop fort ; l'odeur des viscères du chien mort lui brûle les narines. Puis, elle aperçoit soudain homme qui lève les bras, ce qui provoque chez elle un brusque mouvement de recul. Les hommes qui lèvent leurs bras tiennent des armes. Mais pas lui. Lui, il lui laisse le champ libre. La gueule à moitié ouverte, le souffle court, ses oreilles se redressent puis se rabaissent, indécise, ballottée par des émotions contradictoires : l'envie de se sauver mais l'instinct de survie qui lui dicte de ne pas s'approcher.
Les humains fuient quand ils voient des prédateurs. S'il ne fuit pas, c'est qu'il veut la tuer : ce constat revient mais le bruit des gyrophares gagne du terrain et une vitre en hauteur grince, alors elle se colle au mur et avance, toujours apeurée. Son grognement devient assourdissant à mesure qu'elle vient dans sa direction. De temps en temps elle sursaute et repart un peu en arrière, mais l'humain ne bronche pas, ne bouge pas. Deux mètres, quatre, six. Ses yeux aussi jaunes que de l'or fondu fixent l'homme avec une intelligence presque intimidante ; elle observe la courbure de son cou qui respire, son maintient droit et récupère la moindre information visuelle qui servira à ses réflexions : celles auxquelles les humains ne pensent jamais, un tic là, un infime tressautement de son bras musclé, il se contient. Puis le vent lui claque la truffe. Elle se fige alors.
Ses yeux flavescents s'ouvrent en grand. Une patte en l'air, ses prunelles ancrées dans celles de son voisin donnent le sentiment de scruter jusqu'à la nature même de son âme.
Que fais-tu là ? qu'elle semble lui demander. Elle ne comprend pas le comportement de celui qui, elle vient de le saisir, est en réalité un de ses congénères.
Mais le danger de cette situation devient oppressant.
Pas normal, quelque chose n'est pas normal, il n'est pas normal, pas naturel, qu'elle se répète. Elle se dépêche de partir, empruntant la seule embouchure qui l'éloignera le plus possible du lycan. A mesure de ses foulées rapides, elle se rend compte que les grognements dans sa gorge n'ont pas disparu : pire encore, ils ont redoublé. Elle regrette d'avoir quitté son coin d'ombre rassurant. Ses oreilles se dressent comme des paraboles. Elle discerne le bruit de pas qui ne lui appartiennent pas. Derrière elle, il est derrière elle. La colère se mélange à sa peur et elle court dorénavant. Rapide, elle a toujours été la plus rapide de sa meute ; pas la plus forte, mais rapide, personne ne pouvait la dépasser, pas même son alpha... ce qui lui avait valu de recevoir des coups de crocs -on ne dépasse pas l'alpha, jamais. Elle entend le vent siffler. Subitement, elle ralentit l'allure quand elle comprend que, devant, d'autres pas s'approchent. Ils l'encerclent. Son semblable, il l'a menée dans un piège. Un piège, le mot revient : il a créé un piège ! L'odeur inconnue de devant est humaine alors ses crocs se dévoilent à nouveau. Elle repart de plus belle et fonce comme une flèche sans réfléchir. Cent ans, elle a en vu, des choses, elle sait de quoi ses congénères sont capables. Un traître. Ce lycan est avec les humains, c'est certain : un chien dressé, la battue, les sifflements, tout concorde, tout s'emmêle dans sa tête : c'est elle ou lui, la survie. Elle ne mourra pas. Des hommes, des loups, elle en a tué. Elle imagine déjà la sensation agréable du sang chaud qui coule dans sa gueule et ses crocs qui broient le cou de l'humain. Emportée, sa vitesse de course devient alarmante : elle est pareille à un bolide de lumière, un éclair trop grand, majestueux et terrifiant, qui s'apprête à tuer.




_________________

C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 48
Date d'inscription : 09/01/2018
Votre métier : Gardien (S.A.I.S.)
Célébrité & Crédit : Jake gyllenhaal par Mery Mery Boom

This is going to go with me to my grave
STATUT RP: DISPONIBLE
Liens & Affinités: :
Song: Du Riechst so gut

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Mer 17 Jan - 17:20

Sinead
Ells

Graham
Davis

「 Seule, seule... 」
Elle finit enfin par se décider à quitter la ruelle. Oui, elle, car il s’agit d’une louve. Mais le problème reste le même, Graham le sent. Elle représente un réel danger pour la faune humaine qui erre insouciante. Leurs regards se télescopent plus intensément, car faible est la distance qui les sépare. Graham peut aisément lire dans l’ambre liquide de ses iris. La surprise, le questionnement puis le doute. Il y a autre chose aussi, quelque chose de plus ancien, de plus profond, mais qu’il ne parvient pas à décrypter. Le temps est figé durant cet échange muet puis la réalité leur met une gifle. Le loup tique, hésite un instant puis se ravise. Sentimental lui ? Pas vraiment, du moins plus maintenant. Il lui laisse de l’avance, le temps de s’assurer que personne ne viendra leur chercher des noises. Pas de bol, quelques quidams ont vu la louve. Graham les arrête et leur montre son badge. Petit speech maintes fois répété concernant un entraînement sur le terrain, ils regagnent leur foyer non sans inquiétude. Suite à cela, il prévient le S.A.I.S., mais ne demande pas de renfort. On commence à le connaître en haut lieu, on lui laisse une certaine marge de manœuvre. De toute façon, Graham est ce genre de personne capable de demander de l’aide, et ce, malgré son passé. Il emprunte la ruelle au pas de course. Il stoppe plus loin, observe les alentours et ôte ses habits. Il les cache puis s’élance sous forme hybride à la poursuite de la louve. Au bout de leur périple, un petit bois qui permettra à la louve de souffler, de retrouver ses esprits. Il l’espère fortement, car sinon, il devra se montrer moins amical.

L’avance qu’elle possède ne risque pas de diminuer. Surtout qu’elle force l’allure, Graham est surpris par sa vitesse. Il en tirera la leçon nécessaire, ses foulées s’allongent. Ce n’est pas monnaie courante qu’une louve soit aussi rapide, ça l’intrigue. Quelle meute possède un tel élément et comment sont les autres ? Le temps n’est pas à la réflexion. Pour le reste, elle laisse derrière elle des effluves de colère, de peur, mais pas seulement. Le constat est clair, il ne la rattrape pas et finit par s’arrêter. Sa tête se lève, ses oreilles se couchent en arrière et il pousse plusieurs hurlements d’apaisement pour la louve et de prévention pour l’humain dont il peut sentir l’odeur. Graham se glisse de nouveau dans le sillage de la louve. Il jappe plusieurs fois, en signe amical. Voudra-t-elle l’entendre seulement ? Le loup se prend au jeu, ses muscles roulent, son cœur pompe plus fort et plus vite. Le sang afflue dans ses veines, l’homme et l’animal ne font qu’un, tout à l'intensité de cette course.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 10/01/2018
Votre métier : à définir
Célébrité & Crédit : alicia vikander

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Jeu 18 Jan - 20:39



Derrière elle, le lycan continue de galoper. A la courser de la sorte, il n'a pas conscience qu'il rajoute de l'huile sur le feu. Les blessures de ses pattes l'élancent de plus en plus mais ses mouvements sont fluides. Elle est décidée. Décidée à survivre. Elle refuse de mourir. Elle file dans le noir comme un coup de poing donné dans la nuit. Elle imagine déjà sa mâchoire se refermer sur son ennemi : cet humain qui veut la piéger, devant elle. Enfoncer ses dents dans cette chair dégueulasse, rose, gélatineuse et grasse. Sentir le liquide rouge couler sur sa langue. Transformer l'être hideux en de la matière : une sorte de bouillie inconsommable mais plus fidèle à sa condition insipide. Elle gagne du terrain. Sa vitesse est belle, elle est magnifique à voir tant elle fait peur, tant elle n'a plus rien du simple animal mais qu'elle se rapproche de la créature qui habite les cauchemars.
Soudain, un hurlement de loup résonne dans les lieux. Ce son lui fait ralentir l'allure malgré elle. Un étrange son s’étouffe au fond de sa gorge. Ce hurlement renvoie à l'appel de la meute et lui donne envie de sentir une langue chaude caresser son museau. Elle se rappelle des loups plus jeunes qui suivaient ses traces, de son grognement amical tandis qu'ils lui nettoyaient affectueusement les babines, de certains qui retombaient dans l'herbe ou dans la neige en jouant, en se couchant, en lui mordillant gentiment les pattes ; toujours avec ce respect profond. Elle se rappelle, aussi, d'autres loups moins amicaux, qui évitaient son regard comme par crainte de céder à l'aura de dominance qu'elle détenait.
L'odeur de l'humain s'éloigne petit à petit, mais elle est incapable de regagner son allure. Ses blessures, elle les ressent avec plus d'intensité.
Le loup derrière elle l'appelle, et Sinead lui répond en jappant. C'est instinctif. La douleur de la solitude revient tandis que le sentiment d'être pris en chasse, lui, reste. Lâchant une plainte, elle bifurque vers la lisière d'une petite forêt ; elle a envie qu'on la laisse seule, elle a envie de dormir et de calmer le mal de ses blessures. Tant de blessures.

Une fois entourée des arbres, le vent caresse son pelage ; il bouge comme du velours blanc piqueté de taches de sang. Ses ancêtres accompagnent ses pas et la rassurent ; elle, en dehors de la ville, ils lui montrent ce qu'elle ne doit pas oublier. L'odeur amère des écorces, la mousse, les fourmis qui grimpent et piquent, la menace mortelle d'un loup qu'elle avait combattu durant deux lunes, la faim si dévorante qu'elle avait dû se repaître de son ennemi vaincu, les oiseaux jacasseurs qui s'envolent des cimes et le froid qui revient, le feu, aussi, à cause du ciel qui gronde et les combats incessants.. incessants. Cent ans, à vivre plus dans la peau d'une louve que d'une femme ; de ce corps humain qu'elle utilisait parfois pour voler de la nourriture dans des maisons, elle ne savait pas frapper. Mais sa louve en revanche, sa louve.. elle la connaissait dans le moindre de ses muscles rodés par la course, dans la plus petite de ses cicatrices : ses griffes, ses crocs, ses bonds prodigieux, ses yeux qui cernaient les pulsations. Un siècle à survivre.
Un siècle entier... Elle commence progressivement à se calmer. Le vent glousse. De ce rire, il panse les blessures de la louve. Suis moi, suis moi... qu'il lui chante. Il lui montre la voie qui s'enfonce toujours plus. Elle trottine et gémit de gratitude. Mais le vent qui part en avant lui ramène une autre odeur. Son petit bonheur qu'elle sentait doucement éclore se tâche soudain, comme une goutte de poison transformant l'eau d'un ruisseau. Ses pas deviennent incertains. La peur revient. Mélange de loup et d'homme, une insupportable odeur du sueur humaine, âcre.
L'homme qui sifflait dans la ruelle, qui sifflait, comme on interpelle un vulgaire chien. L'homme et son arrogance, l'homme, qui lui avait fait suivre un parcours tracé, qui la fliquait, la surveillait et décidait quel chemin elle devait choisir, ce qu'elle devait faire. Son injustice rend ses membres perclus , elle se fige. Adieu, adieu... que lui dit tristement le vent. Chassé par l'humain qui la surveille, il continue sa route tandis qu'elle, elle reste là, sur le terrain d'une minuscule forêt découpée par les hommes : non, ce n'est pas une forêt, ce ne sont que des arbres qu'ils ont choisis de laisser vivre. La fureur se répand. Elle commence à trembler.  Qui leur donne le droit de surveiller ? Qui donne le droit aux hommes de décider ?! Elle les hait, elle les hait tellement !

Elle se retourne, boitant un peu. Les blessures... la douleur. Elle n'est pas en forme, et pourtant elle s'élance. Elle ne fuira plus. Cet être qui croit savoir, parce que les hommes croient toujours savoir, il l'insulte. Son hurlement n'a pas de sens ! Il marche, il court, il fait du bruit, comme un louveteau, sans comprendre, sans écouter ! Alors elle fonce vers lui à l'image d'une lumière blanche entre les arbres qui sont ses alliés. Le sang coule à nouveau de ses blessures mais elle accélère pourtant. Pour l'âme d'une forêt meurtrie, pour la mémoire de ses congénères à la gueule défoncée par des piques, dépecés, humiliés, sans repos : elle fonce. Son ennemi est sous  sa forme hybride : une forme guerrière plus forte, plus grande, plus puissante qu'elle. C'est du suicide, ce qu'elle fait. Pourtant elle vient de bondir.
Elle l'attrape à la nuque et referme sa gueule sur lui. Il réplique, alors elle saute en arrière. Elle sent ses pattes protester en retouchant terre. Grognant, elle tourne autour du loup déformé par un aspect insultant qu'elle a rarement utilisé. Les hybrides, le mélange des deux, elle s'y refuse... tant pis si elle doit se battre plus durement. Elle repart et frappe, puis elle recule avant qu'il ne puisse l'attraper ; il est fort, entraîné. Il encaisse et réplique. Elle ne lui laisse pas un moment de répit. Comme un charognard affaiblissant une proie, elle recommence, encore, encore, encore. Elle gronde et ils se menacent, mais, à chaque fois, il endigue les coups.
Si elle doit mourir, elle veut le défigurer à vie. Elle veut effacer la vision écoeurante de cette immondice, contre-nature. A un moment, elle trébuche. L'adrénaline et la rage la portent mais ses pattes ne suivent plus. Elle va finir par se tuer, c'est certain ; mais sa colère est trop intense. Aussi elle relance l'attaque et se projette sur lui, puisant dans ses dernières forces. Elle l'attrape à la gorge. Elle sent ses crocs s'enfoncer. Ils roulent et grognent, leurs pattes se griffent, le sang gicle et la gueule du l'hybride sa rabat sur elle, la forçant à le lâcher. Elle se dégage telle une flèche. Elle remarque que du rouge teinte l'encolure de l'hybride : elle l'a touché. Mais lui aussi. Elle ignore le sang qui commence à s’étendre sur son flanc. La louve continue de tourner mais cette fois elle zigzague un peu. Agitée par des vertiges, elle renvoie l'assaut. Elle ne s'arrêtera pas. Jamais.



_________________

C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 48
Date d'inscription : 09/01/2018
Votre métier : Gardien (S.A.I.S.)
Célébrité & Crédit : Jake gyllenhaal par Mery Mery Boom

This is going to go with me to my grave
STATUT RP: DISPONIBLE
Liens & Affinités: :
Song: Du Riechst so gut

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Jeu 18 Jan - 21:31

Sinead
Ells

Graham
Davis

「 Seule, seule... 」
Il porte une main à sa gorge, elle n’est pas passé loin de sa carotide ce coup-ci. Chaque attaque a porté, elle possède une expérience qui lui fait défaut. Sa fourrure n’est plus qu’un joyeux pêle-mêle de sang, de poils et de chairs en lambeaux. À coup sur, elle est parvenue à lui briser des côtes. L’adrénaline endort la douleur pour le moment, mais il finira par dérouiller. Graham l’observe alors qu’elle lance un ultime assaut. Bon sang, mais à quoi pense-t-elle ? Tu parles d’une chance. Il a fallu qu’il tombe sur une louve complètement barrée. Cette fois-ci, elle est moins vive, moins précise, même son agressivité semble se faire la malle, mais la détermination qu’il lit dans son regard alimente l’ire du loup. Des souvenirs douloureux affluent, il laisse sa colère les effacer. Sa main fermée s’abat sur le museau de la louve pas assez fort pour l’exploser, mais juste assez pour la sonner. Le loup gronde, les babines sanglantes et écumantes, la rage liquéfiant ses iris devenus cristallins. Elle, est allongée sur le sol, les flancs écumants, sa fourrure ayant perdu de son éclat. Il n’a rien fait pour mériter une telle réaction et il laisse s’abattre sa frustration sur la louve. Graham la surplombe et il enfonce ses griffes dans les chairs meurtries, grondant à qui mieux mieux. Chaque plaie est rouverte, mais superficiellement. Elle est épuisée, sa respiration haletante et le temps que mettent ses blessures à se refermer sont autant de signes alarmants. Dans cet état, elle ne devrait plus aller bien loin. Satisfait et à nouveau silencieux, Graham la hisse sans ménagement sur ses épaules. Il parcourt la faible distance les séparant du bois en serrant les dents. Il trébuche par moment, grogne sous l’effort, mais tient bon. Les deux loups disparaissent sous le couvert protecteur de la végétation. Drôle de spectacle qu’ils offrent.

L’endroit lui semble sûr et il dépose la louve au sol. Graham s’assied dos à un arbre et grimace, échappant un jappement plaintif, ce sera bien le seul. De là où il se trouve, il peut se jeter facilement sur elle au cas où. Il semble la couver du regard, il faut dire qu’elle représente un beau spécimen, elle en est presque fascinante. Mais c’est son instinct de survie qui parle, pas question de la perdre du regard une seule seconde. Il n’est pas sûr que si elle avait possédé toutes ces facultés, il aurait survécu à leur rencontre. Graham se fustige, à force de traîner seul, il a perdu certaines caractéristiques propres aux animaux vivant en meute. À méditer pour plus tard. Il a l’impression d’être passé sous un rouleau compresseur. Une vraie furie, mais fait étrange, elle est seule. Il s’était attendu à voir sa meute débarquer après son hurlement, mais rien, nada. Elle devient encore plus dangereuse, il en est persuadé maintenant, c’est une solitaire, incontrôlable qui plus est. Il grogne à chaque mouvement de la louve, pas vraiment une mise en garde non. Plutôt, un, arrête un peu tes conneries ou on va y rester tous les deux. Ses blessures les plus légères commencent à se panser, mais pour le reste, il lui faudra un peu plus de temps. Graham ne se fait pas de bile, il a le temps maintenant qu’elle est sous contrôle. Enfin, si l’on peut dire. Que n’aurait-il donné pour s’en griller une ?


Dernière édition par Graham Davis le Sam 20 Jan - 12:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 10/01/2018
Votre métier : à définir
Célébrité & Crédit : alicia vikander

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Ven 19 Jan - 8:49


Il est trop rapide, ou c'est elle qui est devenue trop lente. Cette fois, elle ne peut pas éviter le coup. La violence du choc l'envoie sur le côté. Elle s'écrase au sol et sa tête claque violemment contre le bitume. Elle a l'impression que son cerveau a remué dans sa crâne ; elle essaie de bouger ses pattes mais elle ne les sent plus. En fait, elle ne sent plus son corps. Soudain, une douleur terrible lui ronge le flan. Elle pousse un long jappement plaintif. Le lycan vient d'enfoncer ses griffes dans ses blessures. A ce moment précis, elle sait qu'elle va mourir. Elle sait que sa vie s'achève. Elle ne peut plus répliquer,  le mal l'étouffe, dans son coeur, dans ses entrailles ; elle est incapable. Puis le noir se fait autour d'elle. Sauf que la douleur reste... Quelque chose lui fait quitter le sol. Les chasseurs qui soulevaient le corps de son amie louve abattue. Ils lui avaient au préalable arraché la tête. Elle les avait vus. Il va lui faire la même chose... La sensation revenue de la terre contre son museau la terrifie. Courir... elle n'a pas fini de courir. Alors elle jappe et gémit durant de longues minutes. Elle ne voit rien mais elle tente de se lever. Son arrière train traîne au sol. Seules ses pattes avant bougent. La vision de ses efforts est misérable. Son ennemi grogne mais elle continue de geindre. Elle retombe lourdement au sol, déchirant un peu plus ses blessures à chaque mouvement qu'elle fait, à chaque muscle qu'elle étire. Elle ne veut pas mourir sous la main de l'hybride. Ce qu'elle veut, c'est sentir la douceur de ses pairs, reposer son museau contre un pelage ami qui s'enroule autour d'elle et recevoir la caresse d'une langue chaude ; où sont-ils tous ? Pourquoi est-elle seule ?
Paniquée, elle lutte contre le néant qui la gagne ; d'abord ses yeux, maintenant cette faiblesse qui veut l’assommer. Elle grogne et remue soudain. Prise de convulsions incroyablement violentes, on dirait qu'elle est possédée par un mal intérieur qui la ronge et l'empêche de se lever. Elle est en train de provoquer sa mort à force de bouger. L'écume aux lèvres, son oeil doré, aveugle, s'agite dans son orbite. Elle se retourne plusieurs fois, soulevant la poussière autour d'elle comme si des liens invisibles la maintenaient au sol. Elle s’affole et délire ; revoit les ombres, des mains, la cigarette dans une bouche qu'un sourire lubrique étire : une cage, une voix qui crache, elle sent la pique en métal à travers des barreaux qui entre dans sa peau. Elle gronde et gémit en même temps. Ses pleurs sont déchirants: l'écho d'une incommensurable tristesse qui se répercute dans le petit bois tranquille.





_________________

C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 48
Date d'inscription : 09/01/2018
Votre métier : Gardien (S.A.I.S.)
Célébrité & Crédit : Jake gyllenhaal par Mery Mery Boom

This is going to go with me to my grave
STATUT RP: DISPONIBLE
Liens & Affinités: :
Song: Du Riechst so gut

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Ven 19 Jan - 12:34

Sinead
Ells

Graham
Davis

「 Seule, seule... 」
S'il a pensé, un instant, somnoler d'un œil afin d'augmenter sa capacité de régénération, ben c'est loupé. Graham la regarde un moment hébété. Bon sang à quoi joue-t-elle à la fin ? Elle veut crever ça en a tout l'air, mais il n'est pas d'accord. Il doit savoir qui elle est, ce qu'elle fait ici, pourquoi elle est seule, pourquoi elle s'est retournée contre lui ? Tant de questions qui ne souffriront pas l'absence de réponse. Une alarme hurle en lui alors que le corps de la louve est agité de violents soubresauts. Il se lève ou plutôt bondit, en grognant sous la douleur qui se rappelle aussitôt à lui. Graham s'approche d'elle et gémit doucement. L'hybride est à quatre pattes et inspecte les plaies une à une. Pesant sur elle afin de l'immobiliser. Il prend garde de choisir le peu de peau où les blessures sont les plus légères. Sa tête s'abaisse et bientôt, il lèche les plaies les plus profondes. C'est une des choses qu'il a retenue de la meute. La salive d'un congénère accélère la guérison et permet de développer des endorphines. Il geint à son tour, mais plus pour l'encourager, le monde à l'envers. Graham ne supporte plus ses plaintes déchirantes. C'est plus fort que lui, c'est inscrit dans ses gènes alors il fait ce qu'il aurait fait pour n'importe quel membre de sa meute. Il l'aide et tente de la réconforter.

Graham est dans une position inconfortable, mais il n'a pas vraiment le choix. Elle lui fait penser à un poisson privé de l'eau de son étang. Se débattant désespérément sur le sol boueux. Elle doit arrêter de gesticuler ou le pire arrivera. Dire qu'il y a quelques dizaines de minutes, ils étaient en train de s'entretuer. Les lycans sont étranges parfois, incompréhensibles même. Essaie-t-il de se racheter, de se pardonner d'être arrivé trop tard pour eux ? Toujours est-il qu'il ne lâche pas l'affaire, insensible à sa propre douleur. Longuement, les plaies sont lapées, même si à chaque fois qu'il la touche, il la sent trembler. Une réelle terreur comme il n'en avait pas ressenti depuis bien longtemps. Et que dire de ce désespoir qu'elle dégage. Comme la joie, c'est ce genre de sentiments contagieux qui peuvent toucher même les plus hermétiques. Il est loin d'imaginer ce qu'elle a pu subir, la seule chose qu'il peut déduire, c'est qu'elle en restera probablement marquée à vie. Graham n'est pas un cabot pour rien, quand il a quelque chose en tête… Il garde son emprise sur elle, espérant qu'elle finisse par se calmer même un tout petit peu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 10/01/2018
Votre métier : à définir
Célébrité & Crédit : alicia vikander

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Dim 21 Jan - 11:39


Le noir.... ni les suppliques, ni les pleurs ne le dissuade : le noir est insensible. La terre contre ses babines s’agglutinent et la conscience, petit à petit, s’égraine comme le sol qu'elle croit devenu malléable : elle essaie de rattraper ses pensées mais déjà elle ne sait plus. Pourquoi a-t-elle mal ? Qui lui a fait du mal ? L'humain. Ce mot revient et reste, le seul qu'elle comprend encore, l'humain... Quelque chose la retient. Sa gorge étouffe, triste, elle est si triste... Puis le feu qui brûlait ses chairs s'apaise par intermittence. Le mouvement d'un pelage qui n'est pas le sien la recouvre et un jappement encourageant lui est adressé... elle se calme progressivement. Ses muscles  tremblent puis se crispent, pas encore habitués à se détendre ; elle donne l'impression d'être agitée de hauts-le-coeur. Elle sent la présence mais son museau ne capte plus les odeurs, sauf celui du sang, du fer et du froid. Elle avance sa tête suppliante vers le loup inconnu. Dans cette mer sombre elle veut s'accrocher. Sa gueule laisse échapper des gémissements, puis son cou se tourne jusqu'à son flanc blessé ; alors elle rencontre le museau ami. La chaleur d'une joie étrange remplace le froid. Si elle n'est pas seule, c'est que la force de ses aïeux ne l'a pas abandonnée. Pour la première fois, elle n'aspire plus à courir. Elle veut venir à la rencontre du loup immense : elle croit qu'il s'agit d'un âme disparue, l'esprit de cette forêt ; elle l'espère. Après de longues minutes d'efforts, son museau retrouve celui de son voisin qu'elle nettoie alors affectueusement. Elle se redresse un peu sans cesser de soigner la gueule du grand loup. Mais ce dernier effort a raison d'elle. Elle retombe sur le côté... et perd connaissance. 





_________________

C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Messages : 48
Date d'inscription : 09/01/2018
Votre métier : Gardien (S.A.I.S.)
Célébrité & Crédit : Jake gyllenhaal par Mery Mery Boom

This is going to go with me to my grave
STATUT RP: DISPONIBLE
Liens & Affinités: :
Song: Du Riechst so gut

Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit Jeu 1 Fév - 11:29

Sinead
Ells

Graham
Davis

「 Seule, seule... 」
S’il s’était attendu à cela ? Voilà maintenant que la louve en furie fait place à une louve de meute. Elle bouge, mais ses raisons sont différentes et bientôt une langue chaude vient à la rencontre du museau de Graham. Il se fige, un moment interdit. Ce genre d’échanges ne fait plus partie de ses habitudes, et ce, depuis si longtemps. Le loup frissonne pour ne pas dire qu’il tremble, plutôt violemment en fait. Elle vient de lui prouver que malgré son passé, l’instinct de meute est toujours bien ancré en lui. Il se redresse brusquement comme brûlé au moment où elle s’effondre pour de bon. Il n’a guère le temps de s’appesantir sur ses états d’âme. Elle devient une urgence vitale, pas uniquement pour la dangerosité de ses blessures. Reprenant difficilement forme humaine, il s’assure que l’environnement est sur puis la recouvre de branchages, afin de la camoufler. Satisfait, il s’éloigne clopin-clopant. Son absence ne sera pas longue. Le S.A.I.S a fait installer des bornes d’urgences pour ses équipes de terrain. Graham débusque la plus proche et passe un coup de fil. À l’autre bout, très vite on lui passe le Sicilien qui étrangement ne plaisante pas. Le débit de paroles de Graham est rapide mais cohérent. Une fois assuré que le Sicilien a bien compris sa demande, il raccroche et retourne auprès de la louve. Il la retrouve comme il l’a laissée. Une dizaine de minutes plus tard, une voiture s’enfonce dans le petit-bois. Sans un mot, le Sicilien lance ses vêtements à Graham, ainsi que son portable qu’il a récupéré en passant. Le coffre est ouvert, à l’avant du véhicule seulement deux sièges. Le reste une énorme plage arrière. Des couvertures tapissent le sol. Une fois prêt Graham dévoile la louve et avec l’aide du Sicilien, il la soulève avec délicatesse et la charge dans le coffre. Elle est toujours inconsciente et c’est mieux ainsi. Le Sicilien se glisse derrière le volant, la voiture quitte le bois. Graham est aux côtés de la louve, il va s’assurer que tout se passe bien pendant le transport.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Contenu sponsorisé
Je suis

Re: Seule, seule . (PV Graham) écrit

Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» En a marre de rester seule tous les soirs
» " N'UTILISER L'EAU QU'UNE SEULE FOIS... QUEL GASPILLAGE ! "
» La seule amitié qui vaille est celle qui naît sans raison.
» " La Seule Compagnie Dans tes Nuits de Pleurs sont les Etoiles, Elle brillent en toi et pour toi."
» moi j'préfère rester toute seule ~ lys&lloyd


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Crimson Death :: Bridgeport-