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Une drôle de meute (PV Sinead)




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Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Jeu 1 Fév - 11:30


Sinead
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Graham
Davis

「 Drôle de meute … 」
Les deux voitures coupent leur moteur. De la première, deux hommes en sortent, l’un des deux ouvrant le pavillon. Il revient puis ensemble soulèvent un gigantesque chien blanc. Le trio disparaît à l’intérieur. De la seconde voiture descendent un homme et un énorme chien noir. Lui, on peut dire qu’il est connu, c’est un véto, le Doc Callaghan, finalement rien n’anormal. L’homme et l’animal entrent à leur tour dans la maison. La louve est installée sur un matelas à même le sol, dans une des chambres, rapidement vidée de toute chose superflue. Le véto, un gars un brin allumé, mais fort apprécié des deux Gardiens, s’attèle à la tâche. Comme convenu, ils sont passés à son cabinet et au vu de la situation, les trois hommes avaient jugé bon de laisser la louve aux bons soins de Graham. Cette dernière fut auscultée, radiographiée, perfusée et recousue à certains endroits avec du fil résorbable. Le docteur Callaghan prit soin d’utiliser des gants stériles afin de ne pas imprégner le pelage de la louve par son odeur. Pour la, pièce, c’est autre chose, mais Graham s’en chargera. Rangeant son matériel, le doc lui donne ses instructions et des ordonnances au cas où. Saluant les deux hommes, il prend congé, Graham recevra la facture plus tard.

- Je sais bien que dans un cas comme celui-là, tu n’as pas vraiment besoin de moi, mais on fait comme d’habitude.

Graham opine du Chef et remercie chaleureusement le Sicilien qui file sans demander son reste, fermant tous les volets au préalable. De nouveau seul avec la louve, il réfléchit un instant. Il pense d’abord à fermer la porte, mais cela n’arrangerait rien à son réveil qui risquait fort d’être sauvage. Il prend donc le parti de la laisser ouverte. Se penchant sur la louve, il s’assure qu’elle respire régulièrement puis s’assied, dos au mur, face à elle. Pas question qu’il la laisse seul, mais il se demande s’il doit reprendre ou non sa forme animale. La haine et le dégoût qu’il a pu lire dans son regard alors qu’il se trouvait sous sa forme hybride et encore bien présente dans son esprit. Un vrai dilemme.

Que vais-je faire de toi ? Sauras-tu me convaincre que tu n’es pas un danger ambulant ?

Il parle pour lui-même, se rendant compte qu’il n’a pas envie de la voir disparaître. Graham se masse les tempes, était-ce là le résultat d’un simple léchage de museau. Était-il si faible malgré toutes ces années d’isolement ? Le constat est à la fois amer et doux. Sa bête a besoin de ça et lui aussi par conséquent, mais la douleur de la trahison est encore présente. 


Dernière édition par Graham Davis le Jeu 8 Fév - 18:11, édité 2 fois
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Sam 3 Fév - 20:24



Elle croit d'abord qu'elle est morte. C'est une sensation très étrange, de se croire morte, on n'imagine pas penser ou croire quoique ce soit, on espère s'éveiller sur quelque chose qu'on vient de voir mais qu'on semblait toujours avoir connu ; ne plus avoir besoin d'un cerveau pour réfléchir et courir dans la neige qui ne gèle pas, aux côtés de ses semblables, c'était ainsi qu'elle s'était imaginée l'après mort. Mais les odeurs inconnues lui brûlent la truffe. Et son coeur, son coeur...  il est là, et il bat encore.
Elle cligne des paupières. Tout est trouble autour d'elle et il y a cette insupportable odeur d'humain. Elle ne sait plus ce qui s'est passé... avant. Mais l'odeur, bon sang cette odeur ! Elle grogne et passe une patte sur son museau qu'elle frotte, comme pour se débarrasser de ces relents désagréables. Tenaces, ils sont tenaces, ils ne partent pas. Puis là : voilà qu'elle discerne. La respiration. Le souffle d'un autre. Le choc la fait se relèver en un éclair. Il y a quelque chose devant, une silhouette encore trop floue.
Alors elle se souvient. L'hybride, la forêt, la meute de chiens et le lycan, non, pas un lycan...un homme qui utilisait le costume du loup. C'est son odeur.
Trop de pensées affluent dans sa tête. Ses muscles à la chair à peine reconstituées la tirent atrocement.
Il l'avait battue. Impensable... Elle halète, étrangement essoufflée et recule. La honte et la colère s'emparent d'elle et l’étouffent Une fois de plus, elle a fléchi sous les coups d'un humain. La louve retient ses grognements. Elle ne fera pas la même erreur deux fois ; pourtant, l'humiliation qu'elle ressent lui brûle tellement la gorge qu'elle a envie de hurler. Son échine rencontre le mur alors qu'il ne cesse de la regarder. Il la regarde.... elle ne veut pas qu'il la regarde, cet être abjecte, ce traite, il n'a aucun privilège pour poser ses yeux sur la louve qu'elle est. Qu'il arrête.
Ses babines se retroussent malgré elle et ses pattes se tendent.  Si elle ne peut pas lutter contre son sentiment d'injustice, elle doit se faire violence, elle n'a pas le choix. Elle sait qu'autrement, elle va se ruer sur lui.
A contrecoeur, elle laisse les frissons refroidir son épiderme : ils bondissent et courent dans ses veines par petites vagues. Malgré ses cent ans d'existence, la tâche reste désagréable ; on pourrait la comparer à une main qui glisse sous la peau et la détache, puis se liquéfie et devient un poison absorbé par la moelle qui fond, et enrobe les os qui craquent, se délogent et se remodèlent. Surtout de redevenir humaine... ça lui était bien plus fastidieux.
Lorsque c'est terminé, elle est allongée au sol. Sa silhouette nue dévoile une myriade de cicatrices, si nombreuses que c'en est ahurissant. Seul de l'argent avait pu à ce point marquer sa chair. La respiration haletante, lorsqu'elle relève son visage, celui-ci est en larmes. Elle pleure à cause de cette haine profonde qu'elle ressent envers elle-même.
La honte ne s'en va pas. D'un geste tremblant elle les essuie mais d'autres coulent. Elle se redresse, une main sur sa poitrine; parce qu'elle a mal à l'intérieur. C'est une sensation humaine étrange qu'elle ne comprend pas, avoir mal au coeur de la sorte, ce mal est réel, pas une expression, elle avait mal, là.

Il la regarde toujours, alors son visage s'endurcit de cette fureur qu'elle ne voulait pas utiliser sous sa forme de louve au risque de l'attaquer à nouveau. Elle était encore trop faible pour se permettre de combattre une seconde fois... mais sous son enveloppe humaine, elle n'a aucun moyen de lui faire du mal. Elle jette un coup d'oeil à la porte. Il est seul ? Sans prévenir, elle se précipite vers l'entrée et tire sur la poignée. Verrouillée.

Lentement, elle tourne sa tête vers lui. Son regard est d'un noir profond, trop sauvage pour être seulement humain. L'esprit du loup y danse, antique et intense ; un lycan plus attaché à ses instincts aurait déjà fléchi devant ce flux de dominance ou se serait mesuré à elle. Mais lui, sa nature est tronquée, factice... une abomination, pas normal.
Que lui veut-il ? Pourquoi il ne l'a pas tuée ? Soudain, ses yeux s’écarquillent.  


— Tu es avec ce chasseur... souffle-t-elle, incrédule. Avec lui, ou au service d'une autre organisation. Laquelle ? Il est humain, son geste a forcément un but. Les humains ne sont jamais désintéressés... ils profitent, ils jugent et surveillent, toujours.

Sa vision est encore trop floue. Elle rattrape la poignée et se rend alors compte que la porte était ouverte... elle avait simplement tiré dans le mauvais sens. Figée, elle ne comprend plus


— Qu'est-ce que.. murmure-t-elle.

Elle se retourne vers lui. La laisser ouverte... il est sérieux ?! Les larmes, cette douleur dans son coeur, sa honte qui étrangle. La colère l'aveugle et la noie. Elle a l'impression de s'être reçue une gifle trop violente. Il...Lui... Hors d'elle, elle se rue soudain vers lui. Elle l'attrape par la gorge, le visage déformé par la rage. C'est invivable, ce sentiment, cette émotion, qu'est-ce que c'est ?!

— Pourquoi ?! A quoi tu joues ?!  A QUOI TU JOUES ! Hurle-t-elle

_________________

C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Jeu 8 Fév - 8:59

Sinead
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Graham
Davis

「 Drôle de meute … 」
Ça y est, elle émerge enfin, Graham s’attend à tout, enfin plutôt au pire. Il soupire en la voyant se lever d’un bond, à ce rythme-là, elle n’est pas prête à guérir totalement. Il ne bouge pas alors qu’elle prend une attitude offensive, non, il se contente de la regarder. De toute façon, il n’a pas envie de se battre encore, elle l’a salement amoché même si selon le l'humour du véto, c’est du pipi de chat. Ses iris se rétractent à la vue de son corps criblé de cicatrices. Et ses larmes qui s’épanchent sans fin ? Qu’a-t-elle pu bien subir ? Il ne fait nul doute que ces marques ont été laissées par de l’argent, mais pourquoi ? Par qui ? Il le sent, au plus profond de lui-même. À cause d’elle, son monde et ses certitudes vont s’effondrer. Elle est dangereuse, mais plus uniquement pour les humains. Non pour lui, pour sa tranquillité d’esprit, pour son isolement. La sensation de sa langue chaude sur sa truffe lui saute à la figure. Douceur bestiale qui lui tord les tripes. Son regard le terrasse, mais il n’est pas prêt de plier l’échine à nouveau devant un Alpha. Car oui, elle dégage cette aura, mais pour lui, tout cela n’a plus d’importance, ne compte plus. Alors il fait taire son loup qui ne demande qu’à ramper et laisse l’humain plein de morgue se tenir droit et fier. Le lycan la laisse faire sans bouger, ses erreurs dans la ruelle sont encore bien ancrées dans sa mémoire. Il se contente de l’observer, sans un mot, attendant qu’elle porte de nouveau son attention sur lui. C’est chose faite avec sa main menue autour de sa gorge. Il retient une moquerie puis Graham se lève, la main de la femme toujours autour du cou. Elle vide son sac, cette haine qu’il ne comprend pas et ses mots encore moins. 

Tu devrais t’habiller avant de prendre froid.

Il est toujours immobile, ses yeux plantés dans les siens. Aucune tension n’émane de lui, ni même un soupçon d’impatience. La vie dans la rue lui a appris à masquer ce qu’il ressent, à contrôler ses émotions et états d’âme pour en faire une force. Lentement, il lève enfin un bras, en direction du placard dans le mur.

Tu y trouveras de quoi te mettre sur le dos.

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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Jeu 8 Fév - 18:58



Voilà qu'il désigne l’armoire d'à côté mais Sinead ne le quitte pas des yeux. Immobile, le souffle court, elle tremble des pieds à la tête et ce n'est sûrement pas à cause du froid.
Elle veut qu'il lui réponde. Elle veut des explications. Pourquoi ?!
Pourquoi l'avoir fait paniquer dans cette ruelle ?! Pourquoi l'avoir suivie, pourquoi avoir rajouté cette pression en galopant derrière elle  ?!
Pourquoi ne pas l'avoir laissée tranquille quand elle en avait exigé le besoin ?!  

Il l'avait appelée, en hurlant de la sorte en pleine rue... il ne faisait pas partie de sa meute, lui qui l'avait considérée comme un être vulgaire et sans raison, un animal qu'il fallait gérer, et elle, menacée par sa présence, forcée de suivre un chemin tracé...  et pourtant il avait hurlé cet appel, un échange aussi intime ... Il n'avait aucune idée à quel point son comportement avait été insultant.

Il l'avait blessée, lui montrant une fois de plus que les choix des hommes prévalaient sur ceux des siens. Elle avait crû mourir de peur. Mais sa mort, elle l'aurait acceptée... être enfin en paix. Maintenant qu'elle est ici, dans une pièce noire, il l'observe et la surveille à nouveau... une prison plus grande, mais une prison quand même, c'était ce qu'elle avait crû avant de voir cette porte ouverte. Une torture. Elle n'en pouvait plus. Des hommes, elle n'en pouvait plus.... Que voulait-il ?!
La tester ? La pousser à bout ? Lui offrir une sortie qu'il irait refermer dès qu'elle tenterait d'être libre?! S'amuser comme tous les autres humains s'étaient amusés : à la chasse, avec des cages et des bâtons ?!
A quoi rimait tout ça ? A quoi ?!

Devant le regard brûlant de Sinead, l'humain reste pourtant de marbre...  Les yeux de Sinead s'écarquillent face à son comportement.
Ce n'est pas possible. Il ne peut pas être un loup, ce n'est pas possible.
Ses prunelles sombres, étranges tant elles semblaient briller malgré leur noirceur, comme si au fond de ce puits étincelaient les iris de la louve, elles plongent dans celles de son voisin. Sinead essaie de trouver un éclat dans cette eau froide. La main qui serre la gorge de l'homme tremble. Dans son entreprise à vouloir le comprendre, elle ne s'en rend pas compte mais elle glisse ses doigts jusqu'à la nuque de l'homme, la tenant comme on encourage un camarade. C'est un ordre mais également. une invitation. Elle cherche le loup, l'être qui ne soit pas insensible... elle l'invite au laisser-aller et à cette joie qui provoquait peut être des remords mais exempt de regrets. Ce bonheur qu'il ne trouverait nulle part ailleurs si ce n'était dans ce geste: une chaleur aussi dévorante qu'elle abreuvait.
Dis-le moi... confie-toi.

Dis-moi donc ce qu'il t'arrive ?

Subitement, elle retire sa main comme si elle venait de se brûler. Son contact, il lui est insupportable. Sa peau, son odeur, tout ces relents atrocement humains l'intoxiquent.

— Je... les yeux encore grands ouverts, trop sauvages, elle secoue fébrilement sa main pour se débarrasser de cette sensation passée. — Je n'ai pas de conseils à recevoir d'un humain.  A peine a-t-elle fini sa phrase qu'elle se fige. Elle doit sortir. Mais sans vêtements, dans la ville, elle ne pouvait pas....Voilà qu'elle vient de se piéger toute seule. Quand elle lui jette un coup d'oeil, elle craint qu'il ne pense à la même chose.

— Pas un mot ! prévient-elle. Elle peste entre ses dents, marmonne et se dirige à contrecoeur vers l'armoire. Son agacement, sans que l'on sache vraiment comment c'est possible, ressemble aux grognements de sa louve ; l'homme ne pouvait pas le savoir mais Sinead grognait souvent . Parmi son ancienne meute, pour peu que la neige était trop profonde ou le vent glacial, alors on commençait à entendre cet exécrable bruit de fond : Sinead, encore Sinead qui faisait baisser les oreilles des vieux loups et claquer les mâchoires... un grognement interrompu aussi hilarant qu'il en était désagréable ! Tâchant d'ignorer la douleur de ses articulations, elle attrape un manteau trop grand et s'enroule dedans. Ces blessures qu'il lui a causées, elle ne doit pas les oublier. Mais elle ne veut plus, elle ne veut pas imaginer son plan... Tant qu'il reste sans bouger, elle en profitera.
La tête baissée, resserrant le col d'un manteau dans lequel elle n'a pas passé les manches, elle trace et quitte la pièce sans le regarder. Peu importe qu'il fasse sombre, elle avait recouvert sa vue. Son instinct la pousse à accélérer mais sa trajectoire est inégale à cause de ses vertiges ; elle cogne contre le mobilier à mesure qu'elle avance. On dirait qu'elle marche sur une plateforme flottante.
Elle cherche juste à sortir d'ici, rejoindre la terre ferme de l’extérieur.



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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Jeu 8 Fév - 21:14

Sinead
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Graham
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「 Drôle de meute … 」
Graham sent sa main glisser sur sa nuque, ses yeux s’écarquillent devant le manège on ne peut plus clair de la louve. Mais rien n’y fait, malgré les années, la blessure infligée est encore trop vive. Hors de question qu’il s’abandonne à un autre alpha. Cette confiance n’existe plus, il est un cabot en puissance. Sans Dieu ni maître. Il s’ébroue alors qu’elle le lâche enfin puis s’adosse au mur, les bras croisés. Sa réflexion sur son statut d’humain lui arrache un faible sourire qui se transforme en rictus moqueur quand elle réalise qu’elle ne pourra pas aller bien loin, nue. Il reprend son observation. Caractère épouvantable identique chez la femme et la louve. Ça l’amuserait presque si la situation était toute autre. Elle semble avoir trouvé son bonheur même si ce n’est pas vraiment orthodoxe. Il se mord les joues pour ne pas lui éclater de rire au nez. Cette allure, mais cette allure ! Il n’est pas sûr de la réaction qu’elle pourrait avoir, aussi le goût du sang ne tarde guère à envahir sa bouche. Graham la laisse filer puis soupire. Son bras plonge dans le couloir et actionne l’interrupteur.

Faudrait vraiment sortir de ta forêt… Les hommes ont inventé l’électricité, c’est plutôt pratique dans certains cas.

Pas sûr qu'elle l'ait entendu. Il revient sur ses pas, ouvre la fenêtre, débloque les volets et saute dehors. Il se réceptionne en grimaçant. Sa main se pose sur le bandage du véto, le souffle un instant coupé par la douleur puis il se reprend. Une bonne nuit de sommeil et il n’y paraîtra plus. Dormir sous sa forme lupine, voilà quelque chose qu’il n’a pas fait depuis des lustres. Mais il s’assure une guérison rapide et complète. Son auguste postérieur posé sur le perron, il attend qu’elle trouve enfin la sortie. De moins la porte d’entrée, le garage étant verrouillé. Il lui faudra d’ailleurs récupérer sa bécane, il est trop tard pour cela. Demain sûrement. Graham n’a pas l’intention de l’empêcher de partir, mais il doit d’abord s’assurer qu’elle ne fera rien d’idiot. La flamme grille le bout de la cigarette et le lycan savoure la première taffe. Puis la seconde avant que son esprit ne reprenne ses pérégrinations. Comment se fait-il qu’elle soit seule avec l’aura qu’elle dégage ? Quelque chose cloche, mais comment trouver ?

C’est quand tu veux !

Il a haussé la voix. Va t'elle comprendre ? Allez savoir. La fumée se mélange au sang dans sa bouche. Goût surprenant et excitant.
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Ven 9 Fév - 13:58

Elle continue de grommeler. Cette grande maison est étouffante. A force de rencontrer des obstacles, forcément, elle les envoie voler : là, une lampe qui se brise au sol, ici, une chaise qui se renverse sur le dos. Il y a trop de choses inutiles, tout cela ne sert à rien : ces décorations humaines consomment trop d'espace ! Les arbres, ils lui manquent. Les vrais arbres, libres de pousser comme ils le voulaient. Mais dans cette ville, y avait-il au moins un arbre qui avait décidé de sa place ?
Elle ne réagit pas à la tirade de l'autre. La lumière s'allume et elle s'échine sur la poignée d'une porte: de l'autre côté il n'y a qu'un placard ; merde! Elle se décide à passer les manches du tissu qui pue l'humain. L'autre lui envoie, quelque part, une autre boutade qu'elle ne comprend pas.
Quand elle arrive enfin à sortir, l'humain est déjà dehors. Il est assis sur le perron. Ses manières nonchalantes et moqueuses, avec sa clope au bec : à ses yeux, son attitude est clairement arrogante.
N'avait-il pas vu ses larmes, sa rage et son ressentiment ? N'avait-il pas saisi ses efforts de retourner sous forme humaine pour ne pas risquer de l'attaquer ?! L'expression goguenarde de l'homme la ronge.... La fatigue de Sinead rend sa colère vertigineuse. Elle menace presque de se retransformer.
Ses muscles tirés comme des arcs, elle le contourne et vient s'accroupir devant lui. Elle ne dit rien durant un moment, croisant ses bras sur ses jambes repliées. Et alors, soudain, sans prévenir, elle lui assène une violente gifle, faisant voler sa cigarette. Elle ne tremble plus. Elle semble avoir vieilli de trop d'années. Sans doute est-ce le cas, on peut le lire dans son regard. L'aura du loup l'habite jusqu'aux tréfonds de son âme.


— Ce n'est pas drôle, tout ça, ce n'est pas drôle. lui dit-elle à voix basse. Elle tape de son poing fermé contre sa poitrine, à l'endroit exact de son coeur, pour imager l'attaque que représente le comportement de l'homme. Ses sourcils se fronçent sous le joug de cette écrasante douleur morale. A cet instant, elle ressemble plus à un esprit qu'à une femme.

— C'est juste triste, immensément triste.

La sensation de cette gifle le brûle-t-elle ? Est-ce qu'il la ressent, enfin, cette humiliation ? Le mépris, le manque de respect et cette manie de se croire supérieur... Qui ? Qui lui avait donné le droit de surveiller les autres ? Sinead se redresse. Le vent agite un peu le manteau et aère le tissu.
Dans une maison, le vent n'existait pas.... c'était une belle preuve de l'aberration qui composait la vie de ces colonisateurs remplis d’orgueil. Le vent ne pouvait pas rentrer dans les maisons... Elle lève son nez pour observer la demeure. La blague de l'autre lui revient en mémoire.

Faudrait vraiment sortir de ta forêt…  

Le visage devenu indéchiffrable, elle boutonne le manteau d'un air absent.


— Félicitation pour cette maison.

Son ton est neutre, pas moqueur, juste détaché ; ce qui rend sa phrase vraiment injurieuse et montre toute la vacuité de son mode de vie. Bientôt, ils iront en construire d'autres, des blocs de ciment. Cette forêt qu'elle avait due fuir ne deviendrait plus qu'un terrain froid.
Triste.... Elle se détourne lentement et ne le regarde déjà plus, laissant le vent jouer avec la pointe de ses cheveux qui vient chatouiller sa nuque. Elle tâche de garder une démarche noble mais elle zigzague un peu. Elle ne connaît pas cet endroit, alors il faudra qu'il la guide...
Le vent.

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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Ven 9 Fév - 16:05

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Graham
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「 Drôle de meute … 」
La gifle résonne jusque dans ses os. La tête tournée, il inspire longuement pour ne pas lui en retourner une, aussi sec. Dans son ancienne meute, on ne lui a jamais appris à ne pas répondre à une femelle si nécessaire. Chez les humains si, chose complètement contradictoire pour lui au début, mais il a vite compris pourquoi. Son côté humain l’emporte, pour le moment. Une chance pour elle ou pour lui ? N’empêche, il ne s’attendait pas à un tel jus. Comme quoi, il faut toujours se méfier de l’eau qui dort. Surtout quand cette eau est l’une de ses semblables. Même, ainsi, elle possède une certaine force. Graham frotte sa joue, tendant le pied pour écraser le mégot, tombé un peu plus loin. Elle a une étrange manière de communiquer, il ne lui vient pas à l’idée que son comportement à lui n’est certainement pas plus normal. Ça se confirme, elle va lui attirer des ennuis ou le rendre dingue.

Tu me fais grandement chier…

Il se lève lentement, une nouvelle tension habitant ses muscles. Son geste ne lui échappe pas. Il a du mal à comprendre ce qu’elle essaie de lui dire. Long soupir. Sur sa joue une marque apparaît, le sang battant juste sous la peau. Mais il ne dit plus rien concernant son geste, ne montre rien. Ce comportement animal le fatigue. Ne lui a-t-on jamais appris qu’elle devait évoluer et s’adapter à défaut de mourir ?

La faute à qui ? 

Elle semble irréelle, entre divinité et folie. Bon sang, dans quoi a-t-il mis les pieds. Et si tout cela était un piège ? Non, si elle avait eu une meute, cela se serait passé autrement. Il aurait préféré à dire vrai. La voilà qui pense pouvoir s’en aller ainsi, sans rendre des comptes. Il reste immobile sur les marches du perron. Quand il repense à la réaction de la louve alors qu’il voulait juste l’approcher. Ici, c’est un quartier qu’il affectionne. Pas question d’y semer la zizanie. Pourtant, elle mériterait qu’on la remette à sa place. Mais il n’en a pas la volonté, non pas ce soir.

Ne me force pas à te courir encore après. J’ai quelques questions à te poser et après, tu feras ce que bon te semblera. Enfin, si tes réponses me vont…

Graham s’étire, il a faim. Le voilà partagé entre son frigo et cette silhouette frêle que l’obscurité semble prête à avaler. D’ordinaire, son choix aurait été vite fait, mais il ne sait toujours pas.

À quand remonte ton dernier repas ? J’ai largement de quoi nous sustenter… 

Graham ne met pas en doute la façon dont elle vit ou survit. Il a la dalle et quoi de mieux qu’un solide repas pour échanger sans se foutre dessus ? Ils mangeront dehors, il a bien capté l'aversion de la louve pour les endroits clos et un tant soi peu trop humains. Il fait le choix de lui laisser le bénéfice du doute et tourne les talons. S’arrêtant sur le seuil, il jette un œil en arrière. 

Tu la veux comment ta viande ?

Puis il entre, sans attendre sa réponse. Soit, elle vient, soit, il la coursera de nouveau. Avec l’avantage d’être en meilleure forme, mais certainement pas de meilleure disposition. 
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Ven 9 Fév - 20:27



Le visage tourné de trois quarts, elle l'écoute en silence. Puis il s'éclipse... elle se retourne un moment, indéchiffrable, le vent fouettant ses cheveux. Il est trop habitué à son quotidien d'humain et ne ressent plus. Ses paroles, il les a reçues sans rien comprendre.
Elle sait qu'il l'entend. Sinead aimerait qu'il en soit tout autre, qu'il n'ait pas eu le don de ses ancêtres, mais cela ne change pas qui il est. Il a disparu et pourtant elle lève sa paume en l'air. Son geste est bref, empli de sagesse, comme si par cela elle repoussait ses paroles et y faisait barrage.


— Il ne doit pas être bon. prononça-t-elle, comme une prière.

— Celui qui t'a transformé ne doit pas être bon, il devait forcément y avoir du mauvais en lui, autrement il ne t'aurait jamais choisi.

Ce qu'elle ne comprend pas, en revanche, c'est pourquoi l'esprit du loup l'a choisi, lui ? Comment un être pareil a pu être accepté par l'esprit de ses aïeux ? La pensée d'une nourriture lui tord l'estomac et finit d’assécher sa gorge. Terrible, les humains éraient terribles... Elle se retourne d'une traite et s'en va. Courir sous forme humaine n'a jamais été son fort, elle arrivait à rester agile mais la rapidité lui manquait... Elle ne peut pas se transformer et prendre le risque de tourner de l'oeil. Elle est encore étonnée qu'il fut capable de lui infliger de telles blessures physiques. Moralement, il ne l'atteint que parce qu'il a du loup en lui ; elle n'a encore jamais rencontré un lycan qui soit à ce point aussi vide et insensible...qui leur ressemblait tellement. La faim est insupportable. Marchant à grandes enjambées, les traits tirés, elle se mord brusquement le poignet. Jiraya lui disait souvent de ne pas faire ça.... que ça ne faisait qu'empirer les choses sur le long terme, mais c'est une technique de survie désuète qu'elle garde : boire son sang. Les lèvres collées à son poignet, elle l'avale tout en continuant de marcher. Elle veut juste remplir son estomac pour stopper la sensation de faim. Son regard animal épie chaque recoin, elle sait qu'il va la suivre, qu'il est déjà en route ; pourtant elle ne court pas. Elle paraît trop irréelle, une chimère avec ses yeux noirs qui brillent et son poignet collé à ses lèvres. Lorsqu'elle rabaisse son bras, une large trace reste sur sa bouche et le sang coule jusqu'à sa paume.
Elle ne fait pas partie de cette époque. Elle n'en fera jamais partie ; cela se confirme dans la vision qu'elle offre au milieu de la nuit, dans cette mèche de cheveux qui s'est collée contre ses lèvres pleines de sang, dans ce visage, sauvage.

Soudain, elle comprend qu'il n'est pas loin. Il l'a bel et bien suivie...  elle se retourne, vive. Il est là, il est là et il ne la laissera pas partir. Pourquoi.... pourquoi ne peuvent-ils pas la laisser ? Il ne comprend pas. Il croit pouvoir la mater ? Bon sang... il n'est pas au fait du quart de ce qui réside dans ses souvenirs. Les hommes et leurs vices, les hommes et son passé, jamais Sinead n'avait vu pareils spécialistes dans le domaine de l'inhumain. Il y a tant de choses....tant de choses qu'il ne sait pas.
Alors elle fait demi-tour, laisse ses instincts la guider jusqu'à se retrouver en face de lui, dans la nuit. Face à cet automate, ce fier ignorant qui pensait savoir ce que c'était, de prendre sur soi... pour quoi au juste ? Pour une maison et un frigo ? A-t-il donc si peu d'estime pour vendre sa nature de la sorte ?
Sinead est lasse. Ce n'est pas de sa faute si le monde humain l'a corrompu, mais elle ne demande rien, juste qu'il la laisse tranquille. Avec précaution, sa main ensanglantée se dépose sur la joue de l'homme. Son sang recouvre la peau, l'humain, elle fronce des sourcils en le regardantt.


— Ah... s'il te plaît souffle-t-elle au jeune loup retenu captif dans ce corps sans vie. Trop orgueilleux, fanfaron, un louveteau qui fait du bruit mais qui ne sait rien. La nuit dernière, elle a failli tuer un humain à cause de lui et il ne l'a même pas compris.
Lentement, elle remonte jusqu'à la tempe de l'homme, comme si, par ce geste, elle essayait de le débarrasser de sa malédiction.


— Que veux tu de moi.. murmure-t-elle.

— Je ne répondrai pas à tes questions, tu le sais. Sous la torture j'ai pourtant dit des choses... j'ai.. elle se tait, trop vite. La honte vrille ses entrailles. Le passé... le passé ne peut pas être réparé. Elle avait déjà fait toute cette étape, cela ne servait à rien de ressasser.
Même si la douleur dépasse l’entendement. Alors caresser le visage de ce robot, chose qui devrait normalement la rendre aveugle de rage, voilà que ça la calme un peu. C'est surprenant mais elle trouve que son visage a finalement quelque chose de fascinant, taché de la sorte par son sang. Si elle avait pu, elle l'aurait recouvert entièrement pour effacer cette couleur laiteuse et gélatineuse et lui faire retrouver un semblant de nature.
Taire son loup à ce point, elle avait un peu pitié de l'animal enfermé en lui.

— Que vas-tu faire ? Tu vas me torturer toi aussi ?
Elle lui envoie un triste sourire, ses cheveux toujours collés à ses lèvres. Ils sont dans une impasse, lui comme elle... l'a-t-il compris ?


_________________

C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.


Dernière édition par Sinead Ells le Dim 11 Fév - 0:33, édité 1 fois
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Ven 9 Fév - 22:28

Sinead
Ells

Graham
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「 Drôle de meute … 」
Son poing s’abat sur le bord de l’évier. Elle ne l’a pas écouté, elle a préféré filer. Putain de louve. Il s’élance, le ventre creux et l’humeur noire. Il ne tarde pas à la rejoindre, en même temps, elle ne file pas vraiment à grande allure. Ses paroles l’ont heurté, blessé ravivant la douleur brutalement. De quoi se mêle-t-elle ? La fureur creuse ses traits, développe certaines veines sur ses tempes. Il se contrôle comme toujours, mais si elle continue, elle aura droit à la fessée qu’elle mérite. Car il a bien compris qu’elle se vexe vite et il en profitera. Il secoue la tête en voyant son manège, boire son propre sang pour survivre. C’est d’un pathétique pour lui. Il a l’impression de revivre la même scène à l’infini sauf que cette fois, ils sont sous leur forme humaine et que comme cela, elle est moins agressive. Enfin, si l’on peut dire. Il lui fait face.

T’es qui pour me juger hein ?

Elle se permet de le toucher, d’étaler son sang sur son visage. Ça lui plaît pas du tout et ses iris semblent se liquéfier sous la colère. Ses paroles alimentent son ire, l’a-t-elle seulement écouté ?

Bon sang, reviens dans le siècle présent. La torture s’est finie, y a des lois pour ça. Que tu le veuilles ou non. Qu’est-ce que t’as pas compris quand je t’ai dit que j’avais des questions à te poser et qu’il me fallait des réponses. Tu cherches toi-même les emmerdes, à croire que c’est ta dope malgré tout ce cirque.

La main ensanglantée est violemment repoussée puis le lycan recule afin qu’elle ne puisse plus le toucher. Non pas que ce contact soit vraiment désagréable, mais il sent sa bête s’agiter et il n’est pas sûr de pouvoir contrôler quoique ce soit. En quelques heures, elle aura réussi à le mettre dans des états tels que certaines barrières érigées dans la douleur ont cédé. Dangereuse, prétentieuse, elle aurait bien besoin d’un bon coup de pied aux fesses. 

T’es sérieuse là ? Tu crois peut-être que c’est mon passe-temps favori ?

Il hallucine tout simplement. Alors, elle doit avoir un putain de passif, mais surtout, elle doit beaucoup gamberger, seule qu’elle est. Graham sent la lassitude le gagner, soulageant quelque peu sa colère. Elle est aussi têtue que lui, mais ils ne peuvent pas rester ainsi. Il a faim, il est maintenant fatigué nerveusement en plus de son physique malmené. 

Non mais je peux être sur ton dos un bon moment et crois-moi, tu finiras par craquer. Alors sois, tu joues le jeu, sois je te lâche pas d’une semelle… Le choix est assez facile à bien y réfléchir. Si tu ne me lâches rien, viendra un moment où je devrai le signaler et alors, tu ne seras plus jamais seule…

Aucune menace dans sa voix, juste un constat usé, elle le fatigue.

Regarde-toi, tout indique que t’es pas comme les autres. Tu veux la paix, va falloir la gagner. C’est fini l’époque où on pouvait aller librement. Il faut compter avec les humains maintenant. Toujours plus nombreux, plus adaptables et intrusifs, mais c’est comme ça et ce ne sont pas les seuls ! C’est une question de vie ou de mort. Mais ça tu dois le savoir, alors putain arrête d’agir comme une tarée.

Il finit par lâcher le morceau.

Je veux juste savoir si tu es capable de te tenir loin des humains. J’entends par là, ne pas t’en servir comme garde-manger ou comme défouloir. C’était pas loin tout à l’heure et c’est quelque chose que je ne tolérerai pas, ni le S.A.I.S.. Car oui, je bosse avec eux, ça permet de faire tampon, mais y a des limites…
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Sam 10 Fév - 10:07



L'homme s'insurge. Il la repousse. Alors Sinead rabaisse lentement son bras. Ce qu'elle entraperçoit dans son regard, le temps d'une infime seconde, trop courte, c'est ce qu'elle avait espéré voir depuis le début. La preuve d'une incertitude, une envie de céder à l'appel des émotions, qu'elles fussent violentes ne portaient pas préjudice, la violence, c'était aussi la passion, le feu et l'exaltation ; enfin, il n'était plus vide, froid et affreusement insensible.
Mais pendant qu'il déballe sa colère, Sinead tique à son discours. L'expression sur son visage change comme au ralenti, à mesure qu'elle comprend petit à petit ce qu'il est en réalité. Elle a l'impression de s'être reçue une baffe à son tour.  Les paroles de l'homme provoquent des acouphènes dans ses tympans.
Incrédule, le souffle coupé, un inexplicable sourire naît pourtant sur ses lèvres pleines de son sang.


— Dès la première fois où je t'ai vu, je m'en suis doutée.... j'ai eu ce pressentiment...

Elle l'avait pressenti, bien sûr mais jamais elle n'aurait cru qu'il était à ce point impliqué dans cette abominable machinerie qui transformait ses semblables en chiens dociles affublés de colliers. Des êtres dénaturés qui avait abandonné l'essence véritable de leur nature. Car il ne suffisait pas de se transformer en loup, de hurler, de japper ! Ce n'était pas ça être un loup, ce n'était pas ça !.  Sa façon de lui adresser la parole, bon sang, cette condescendance et ce mépris alors qu'elle avait eu ce geste tendre envers lui, il persistait dans cet incommensurable manque de respect qui se terminait ici par une lassitude... juste lassé, lassé de voir ce qu'était un loup qui acceptait encore d'en être un.

Son sourire ne perd pas en intensité, pire, il s'élargit et renvoie à la bête aux babines étirées dans le noir, celle narrée dans des bouquins dans le but d'apeurer les enfants. Parce qu'un sourire décoré de dents pointues ne pouvait être que terrifiant, bien sûr, qu'il aurait fallu les limer, ces dents, arracher ces griffes pour ne pas abîmer les fauteuils en cuir et la ligne d'une soie hors de prix sur une épaule.
Tout, pour convenir à l'humain.
Et voilà qu'il le dit : il le dit lui-même.


C’est comme ça et ce ne sont pas les seuls ! C’est une question de vie ou de mort.

C'est comme ça ? qu'elle répète, médusée.

Son sourire se meurt d'un coup. Son regard de louve l'accable pour toutes ces insultes qu'il vient de profaner.

— Qui es-tu pour savoir ce qui est terminé ? Toi, simple cabot dressé de Chigago, qui es-tu pour savoir ce qu'il se passe dans le monde ? Tu crois que la modernité rend les âmes civilisées ? Tu penses que l'être humain n'est qu'une victime qu'il faut protéger ? Et ces lois, qui les fait selon toi?! A qui crois-tu qu'elles servent ? Tu imagines qu'on se soucie de mes semblables ? Ces loups dans ces zoos, montrés du doigt par des prétendus êtres civilisés qui rient de l'autre côté d'une vitre ? Et ces reliquats de démons, et ces buveurs de sang... ce sont les vices des hommes qui décuplent leur force. Quand les loups, eux, les repoussent. Quand les loups, eux, sont là depuis des temps immémoriaux pour soutenir l’équilibre de ce triste monde que l'homme continue de détruire.

Comment le savait-elle ? Elle n'en savait rien. Elle le ressentait juste au plus profond de son être et dans le tournoiement intime de ses brins d'ADN au moment où le vent, encore le vent, lui contait sa mélodie. Ce n'était pas une chose qui se disait mais qu'elle vivait si intensément que c'en devenait douloureux !

— Ces humains à qui tu donnes raison... ils suppriment chaque espèce et chaque liberté qui ne leur ressemblent pas. Et toi...toi tu me dis qu'il n'y a plus de liberté mais que c'est là chose normale ? Que pour survivre, il faut s'allier, quitte à ramper et nettoyer les bottes de ceux qui t'offrent cette HIDEUSE maison avec jardin...

Ce qu'elle avait cru être un pauvre loup perdu lui apparaît soudain avec plus de lucidité que jamais : il n'est pas perdu, il a toujours décidé de renier sa nature. Il est prêt, pour cela, à enfermer ceux qui ne convenaient pas aux critères des hommes. Il est prêt à abattre un loup qui attaque un humain sans réfléchir, sans même voir au delà des apparences et essayer de se poser les bonnes questions.
Et si l'humain s'en était pris à ses louveteaux ? Et s'il avait tiré le premier coup ?
Des animaux, qu'on abat.
Au final, qu'est-ce qu'un animal aux yeux d'un être humain si ce n'est une chose qui devait se laisser voir sans faire de bruit ?
Un chien battu, trop dangereux, que l'on pique, un requin en mer qui effraie des nageurs, cette histoire aussi, elle avait eu l'occasion de l'entendre : un requin qui a faim parce que l'océan aux fonds raclés par des monstres de fer se vide, mais qu'est-ce qu'on en avait à foutre, après tout, puisqu'il menace ceux qui s'amusent sur des planches en plastique ! Et tous, disparaissaient. Ceux qui dérangeaient le loisir de l'homme : on y créerait de la neige en été, du soleil en hiver, si on le pouvait, si on le voulait ! A force, l'arbre de ses aïeux ne pouvait plus vivre. Ses branches élaguées n'avaient plus que quelques pauvres feuilles qui espéraient s’accrocher. Sauf les vertes qui profitaient de l'ombre créée par les autres. Ah ça, les feuilles vertes, qu'elles étaient belles ! Qu'elle n'avaient pas de défauts, celles là ! Lui, avec ses habits classes, son frigo, sa p'tite clope et ses grillades.

Comment elle la voulait, la cuisson de sa viande, hein ?


C'est triste, c'est immensément triste : si seulement il l'avait comprise.
Les phrases reviennent encore, c'est insupportable, elles ne se taisent pas !
Crois-moi, tu finiras par craquer.
Si tu ne me lâches rien, viendra un moment où je devrai le signaler
Car oui, je bosse avec eux, ça permet de faire tampon...
Je veux juste savoir si tu es capable de te tenir loin des humains..
Mais ferme ta gueule mais ferme ta gueule !!!

— JE me suis tenue loin des humains. MOI je me suis tenue loin d'eux... gronde-t-elle d'une voix profonde et menancante.

— Ce sont eux qui sont venus à moi ! EUX !

Les chasseurs prenaient tout le gibier. Posant en photo aux côtés d'un cerf décapité et parfois même, ils ne l'emportaient pas. Ils le laissaient là où il était, juste un trophée. Mais ça n'empêchait pas au gibier de devenir rare. Neils et les autres, l'appel de la faim dans un monde qui ne voulait plus d'eux en dehors des enclos. Ils avaient aperçu des moutons parqués : prêts et dociles, qui ressemblaient à une offrande des dieux. Et pourtant, quand ils revenaient à chaque fois, sautillant avec fierté en traînant un agneau, Sinead savait... bon sang, oui, elle savait à quel point ils faisaient une terrible erreur. Aussitôt, ces rumeurs, la colère d'exploitants qui voyaient leur chiffre d'affaire dégringoler.
Leur-chiffre-d'affaire.
Rumeur de loups, ce fut suffisant pour qu'un groupe en entende parler. Un groupe, oui.
Un groupe d'humains qui connaissaient déjà l'existence des lycans. Ce n'était pas vieux, dans ce temps qu'il croit révolu, foutaise, foutaise ! C'est atrocement récent... c'est.... Le sang dans son estomac ne suffit plus. Soudain, elle se courbe en deux, comme prête à vomir, agitée par ses souvenirs et la douleur qu'ils provoquent. Les paroles de l'homme sont insupportables. Toujours plus intrusives. Elles renvoient à ce qu'elle n'a que trop entendu.
Sauvage, animal satanique, chienne, cela se mélange, la voix de l'autre, sa voix à lui : reviens dans le siècle présent, sors de ta forêt, tu vas crever, je ferais en sorte que tu crèves mais d'abord, tu va regarder mourir ces charognes dirigées par les ficelles du diable, arriérée, abomination, regarde, je veux que tu le regardes mourir, à croire que c’est ta dope malgré tout ce cirque, j'ai des questions à te poser, tu y réponds, tu obéis, OBEIS!
Le visage de Neil revient, il revient la hanter, le triste sourire vide du jeune garçon au crâne défoncé.  Sa blessure au flanc, il va la sentir passer. Ce connard, cette espèce de fils de pute ignoble salopard de merde ! Sinead se jette brusquement sur l'homme. Ils s'écrasent au sol, elle sur lui, dans un fracas infernal. BAM, que le bruit fait quand le dos de l'homme cogne contre cet asphalte qu'il aime tant. Elle approche son visage, les doigts serrés sur le col de son vêtement avec une force surhumaine, sa bouche pleine de sang, son front collé au sien, marqué lui aussi par son sang, qu'il ressente cela comme une brûlure sur sa peau ! Qu'il voit à quel point malgré cette aveuglante et indescriptible rage, elle est assez douée pour garder sa forme humaine ! Qu'il soit témoin de cette antique nature qui l'anime depuis près de cent ans, depuis sa naissance dans les entrailles d'une mère qui avait donné sa vie pour elle !


— J'irai égorger chaque enfant qui joue dans les parcs...

c'est un mensonge langoureux qu'elle lui chantonne à travers cette bouche trop proche de la sienne.

— J'irai éventrer les sans abris qui dorment sur les bancs...

non, bien évidemment que non !

— Cette terreur que tu crois finie car des lois aveuglent les gens pendant que le monde meurt ! Je vais la ramener jusqu'à ta porte...

Sinead, Sinead, tais-toi putain ! Mais elle est trop folle de rage, trop hors d'elle pour s'arrêter ! La dernière fois, il l'avait coursée, l'avait menacée et l'avait traquée comme tant d'autres : elle avait passé sa vie à fuir et à être poursuivie partout où elle allait ! Qui ne tuerait pas pour tenter de survivre, QUI ?!
La rage est plus forte, elle lui dit : ça ne sert à rien, tes efforts, il ne te comprendra jamais. Ta caresse sur sa joue et ton sourire triste, il a craché dessus, il s'est moquée de toi et t'as rabaissée, pauvre petite sous-merde que tu es, tous tes efforts pour échanger avec lui tes traditions, malgré ta peur et ton humiliation et ta peine et ta douleur que tu as ravalées en même temps que ta fierté, pensant qu'il comprendrait peut-être si tu lui offrais ton sang, ton regard et le message de tes ancêtres, il les a rejetés. Ne vois-tu pas, Sinead ? Tu es seule.
Tu as toujours été seule, parmi les hommes.

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C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Sam 10 Fév - 11:53

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「 Drôle de meute … 」
Graham se masse les tempes, l’humain qu’il est ne comprend pas son discours, mais son loup capte quelque chose. L’animal est maîtrisé, muselé, car il ne veut plus de ça. Il veut vivre comme il l’entend, être en accord avec son loup, sa vision du loup sans avoir qui que ce soit qui lui dise quoi faire ou, comment se comporter. Une vérité s’impose alors à lui, c’est pourtant ce qu’il lui impose à elle, à ceux qu’il a dû remettre dans le droit chemin, mais il le fait pour que tous puissent vivre ensemble. Que les uns arrêtent de chasser les autres. Que les autres ne harcèlent plus les uns. Recommencer à chaque fois, le vide un peu plus. Avec ce sourire sadique qui déchire son visage en deux, elle fait peur à voir. La preuve vivante d’une autre époque réfractaire aux changements pourtant nécessaires. Il n’ose imaginer les tourbillons engendrés par son esprit. 

Alors selon toi, les loups sont au-dessus des autres. Pourquoi ? Parce qu’ils sont ancestraux parce qu’ils savent vivre en harmonie avec la nature ? Ils sont tout aussi cruels et sadiques que les hommes. Des pourvoyeurs de mort qui ne se préoccupent de rien d’autre que de la meute. La meute prime sur tout, le reste, on le fait périr. Ils craignent de disparaître et sont prêts aux pires ignominies pour survivre. Le portrait que tu peins des humains, c’est celui que je vois chez les loups. Et ne vas pas me sortir encore qu’on m’a dressé. Car ceux qui m’ont dressé, sont des loups pas des humains. Eux, ils m’ont ouvert les yeux, peu importe que tu comprennes ou pas ! Les loups ne sont pas tous blancs, les autres ne sont pas tous noirs. Tu es bien naïve si tu penses que c’est le cas.

Il note le changement de son comportement, ce dégoût qu’il lui provoque. La haine maintenant, elle le tient pour responsable. Il a l’habitude, cela ne l’atteint plus enfin presque plus. Elle, elle le blesse, il ne comprend pas pourquoi. Il ne relève même pas son mépris pour sa demeure, ce refuge où rien ni personne ne lui dicte sa loi. 

Je suis désolé de ce que tu aies pu subir mais ce n’est pas une raison pour tous les mettre dans un même panier. Dis-moi qu’aucun de vous ne leur a porté préjudice ? Personne n’est jamais innocent ou tout blanc ! Tu comprends ça ? T’es aveuglée par une rage nourrie par des souvenirs, mais le passé doit rester le passé. On ne peut pas toujours se glorifier du passé, il y a des choses à changer. Il faut accepter l’évolution ! Tu parles de choses dont tu n’as aucune connaissance, imagines si tu les propages. Les lois sont aujourd’hui votées en connaissance de cause et par tous, tu entends ! Par tous !

Graham peut sembler naïf dans sa réflexion, mais il y croit fermement. C’est l’une des choses qui lui permettent de rester debout, de continuer de se battre, de ne pas perdre l’esprit. Lorsqu'elle ploie devant lui, il ne bouge pas. Graham reste sur ses gardes, il commence à cerner le personnage. C'est plutôt bien vu mais il n'empêche rien. Faut dire qu'elle est vive. Il grimace lorsque son dos heurte le sol, rouvrant les chairs à peine fermées, réveillant la douleur de ses côtes encore fragilisées. À nouveau, elle est trop proche de lui, lui impose ce contact qu’il ne veut plus. Il la laisse vider son fiel, impassible puis prend les rênes. D’un coup de reins, il renverse la situation. Sinead se retrouve sous lui, il mêle ses mains aux siennes pour l’immobiliser. Ses bras sont tendus de chaque côté de sa tête. Il pèse sur elle, la ceinturant de ses jambes. Graham en a marre. Alors à son tour, il lui impose un contact rapproché même s’il lui en coûte. 

Alors les hommes feront de même et en pire, car ils sont plus nombreux. Ce n’est pas la solution… On doit apprendre à partager bordel ! C’est pourtant simple à comprendre ! Partager, on doit être la génération qui apportera le changement, car ils sont plus nombreux et au courant de nos existences. Nous ne faisons pas le poids, tu ne vois donc rien ? Le S.A.I.S. est aussi là pour protéger les surnaturels. Y en a marre d’entendre de ces inepties sans fondement !

Il finit par se taire, la fixant, la sondant. Son loup s’agite, mais reste aux ordres de l’homme. Elle le fascine autant qu’elle l’agace. À nouveau, il ressent cette aura si particulière, si alléchante qu’il pourrait venir y boire à la source. Mais tout est compliqué, faussé, sens dessus dessous. Il tient plus que tout à sa liberté, personne ne l’aliénera de nouveau. SI seulement. Le lycan comprend enfin qu’elle a besoin de quelque chose, ou plutôt de quelqu’un. D’un groupe, d’une meute. L’errance la tuera, mais il ne peut lui offrir cela. Il en a fini avec les meutes conventionnelles non ? Si ? Côtoyer d'autres surnaturels a amené un changement chez lui, dont il n'est pas encore réellement conscient... 
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Sam 10 Fév - 21:28



Après tout ce qu'elle vient de dire, après ses menaces sur le fait d'égorger des enfants, d'étriper des humains, elle se dit que c'est le moment, précis, où elle va finir ferrée. Elle imagine déjà l'humain lui asséner une lourde claque avant d'appeler ses collègues en s'en grillant une, histoire de, dans le "feu" de la routine... rien de neuf pour lui, une louve de cinglée de plus ! Comment pourrait-il comprendre... Brusquement il prend le dessus et la renverse. Les yeux écarquillés, elle a un bref mouvement de fuite et tente de partir mais ce connard a de la force. Elle grogne, plus de douleur que de colère.
Puis il finit sa petite tirade, et alors son grognement s'arrête d'un coup. Ses mains retenues de part et d'autres, ses jambes coincées sous lui, elle lui envoie un coup d'oeil interloqué. Ce qu'il vient de dire...
Sans pouvoir s'en empêcher, elle lui envoie un tendre sourire.
C'est un sourire compatissant et un peu mélancolique, qui donne envie de se laisser bercer et toucher.
Cela pourrait dire :"idiot" d'une façon très amicale. L'homme qui trois minutes plus tôt encore l'avait rendue folle de rage, l'attendrit dorénavant. "On doit apprendre à partager bordel !" C'était mot pour mot ce que Neils avait dit après sa petite saute d'humeur a avoir entendu Sinead critiquer les humains.
La cruauté... avait-elle jamais parlé de cruauté ? Elle ne s'en souvient pas. La nature était cruelle et Sinead, Sinead aussi, était cruelle. Son père était cruel, son ancienne meute était cruelle... mais la cruauté faisait partie de la vie.
Les hommes, en revanche, ils étaient terribles. Tout avançait trop vite, les loups, les surnaturels, ce pauvre vendu ne pensait qu'en terme de groupes, quand Sinead, elle, s'inquiétait pour des forces éminemment au dessus d'eux, des énergies qui vivaient en elle et continueraient de vivre bien après que toutes les races aient disparu, des esprits que les hommes étaient en train d’insulter. Mais lui, tant qu'il avait un morceau de viande à se caler dans le gosier...


— Tu es un imbécile
lui dit-elle calmement. Elle vient brusquement de perdre toute agressivité, le souvenir de Neils l'accompagne et la détend. Il lui ressemble beaucoup. Naïf, utopique, le gamin l'était lui aussi. Ses prunelles noires le fixent, trop sauvages... ses cheveux éparpillés autour de son visage, ses traits détendus, elle se laisse juste guider par sa louve. On dirait que Neils est là et qu'il lui montre qu'il ne faut pas en vouloir, à ce lycan perdu. "Il est bien perdu Sindead, mais il n'est pas mauvais. Moi aussi j'étais peut-être perdu... mais je n'aurais pas changé"
Non, Neils aurait continué...


— Fais moi savoir, le jour où des hommes se retrouveront derrière les vitres d'un zoo... lui souffle-elle d'une voix douce. Neils pensait qu'ils pouvaient changer, les humains, inverser la vapeur et se ranger au même niveau que les animaux.

Jamais ils ne le pourraient. Tuer un humain engendrait forcément une peine plus lourde que de tuer un chien, un loup, un oiseau, les humains étaient tout puissants, à l'image de ce lycan foncièrement humain dans son comportement qui la retient et la surveille, parce qu'il considère, justement, qu'il est en droit de le faire. Mais elle en a fini d'expliquer. Les humains, n'écoutaient pas.

Le regard de l'homme est excédé, elle le voit ; pour sa part, elle se sent soudain très triste. Combien de coups avait-il fallu avant qu'il ne succombe ?... Comment avait-il fait pour garder un sourire sur son joli visage d'enfant, alors que sa cervelle s'accrochait sur les aspérités du mur ? Un triste sourire...


— Tu devrais me lâcher, avant d'avoir la nausée. dit-elle d'une voix absente. Elle peut sentir qu'il lutte d'une manière ou d'une autre pour ne plus être en contact. Elle ne sait pas trop ce qu'il adviendra d'elle ; elle n'est en réalité pas prête à se laisser commander par un humain. Elle n'a aucun compte à leur rendre et cette "police",  S.A.I.S ou autre titre qu'elle se targuait d'avoir n'avait de légitimité qu'aux yeux du monde humain. Seule la nature avait des droits sur Sinead, les espaces sans murs et le ciel infini. Cet homme, il se raccrochait à la vacuité de la routine, sans doute blessé par des loups. Elle aussi, elle avait été blessée par des loups. Les humains, eux, blessaient le monde vivant, qu'il le veuille ou non, de par leur mode de vie, de par leur manière de porter aux nues l'évolution en se disant que découper un autre chemin de terre au milieu d'une montagne serait bien pour l'avancée de la civilisation. Affolant de voir, en cent ans, à quel point la nature s'était résorbée... Et alors, à chaque fois que cet humain lui avait montré, à quel point il la trouvait arriérée, à chaque fois qu'il avait lancé ses phrases : "tu devrais sortir de ta forêt ! Reviens dans le siècle présent !" ce fut été comme des coups de couteau qu'il lui avait enfoncés. Des coups de couteau...

Elle sent qu'il relâche sa pression, aussi se redresse-t-elle un peu.
Il paraît toujours un peu chimérique Sinead, c'est parce que son aspect humain n'est qu'une façade, que l'esprit du loup ne la rend nulle part à sa place ici, deux yeux jaunes qui s'avancent dans un espace dévoré par les hommes.


— Je crois, que je vais devoir partir plus loin, lui avoue-t-elle avec peine. Fuir à nouveau. Quitter Chicago. Le chasseur est sur ses traces, et lui, il ne sera pas aussi amène. Mais où trouver une forêt que les humains ne détiennent pas ? Il n'en existe plus... Elle n'est plus chez elle. La nature ne se possède plus, c'est aux humains que revient le choix de décider des frontières, de laisser en place ou non un morceau de nature. Rester dans une ruelle, fouiller encore dans des poubelles, se faire attaquer par des chiens puis par un homme qui croit faire son job ? Un job. Sinead aussi, elle avait eu un Job, un temps, auprès des morts... mais tout cela avait juste servi de sa couverture. Passer la majeure partie de sa vie à travailler, voilà bien une chose qui la dépasse. Elle aimerait tant qu'il comprenne... Elle n'est même pas sûre que sa part de loup le puisse, à vrai dire, trop retenu chez celui, réfugié dans l'homme comme dans une forteresse depuis tant d'années, il ne devait y avoir qu'un animal empli d'instincts primaires. Il fallait du temps, pour développer une conscience animale tangible, au même titre qu'il fallait du temps pour penser comme un homme. Sinead le sait, car elle ne réfléchit pas comme eux.
Mais elle voit ça comme une qualité, dans cette planète noyée sous le ciment.

Tout cela est de plus en plus triste... elle se dit que ses premiers ancêtres avaient dû être les créatures les plus heureuses au monde. Rien, aucun  bâtiment, tout à portée de vue, des escapades, des chants et quelques claquements de mâchoire : c'était ça, la vraie liberté. Il l'observe. Cela lui fait de la peine... Est-ce qu'il craint qu'elle ne tente de s'enfuir à nouveau ? Attend-il un signe suspect ? La liberté, l'aura-t-elle un jour ? Doucement, encore a genoux, elle soupire alors. Ses gestes deviennent fluides, comme ceux d'un esprit qui n'a pas d'âge et pas d'appartenance. Lentement, elle attrape le visage de l'homme entre ses mains et le regarde, longtemps. Elle n'aime pas la sensation, l'odeur humaine... trop étrange. Pourtant elle se penche. Le sang est sec sur sa bouche, qu'elle vient déposer au coin des lèvres de l'homme. Elle l'embrasse, là, juste à la commissure des lèvres. C'est un signe très pieux, empli d'une douceur presque irréelle.
Quand elle se recule, ses yeux gardent cette sauvagerie en eux, ce qui n'est pas une insulte, contrairement à ce que croyaient les hommes.


— Tuer, il se peut que je le fasse. Il se peut aussi, que j'en retire du plaisir. Je ne fonctionne pas comme toi.

Pour sa survie. Les humains punissaient en enfermant les individus. Sinead, pour sa part, punissait en attaquant, en mordant et en griffant, tout comme elle l'avait puni pour son manque de respect la nuit dernière.

— Je ne m'attends pas à ce que tu comprennes. La nature m'a donné des crocs, et des griffes, et je m'en sers.

Il ne comprendra pas.

— Alors si tu veux m'enfermer, c'est maintenant.

Sans s'en rendre compte, après cette dispute agressive, il y a maintenant comme un lien entre eux. Un lien, que seuls deux loups pouvaient avoir.


_________________

C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Dim 11 Fév - 10:28

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「 Drôle de meute … 」
Graham reste un instant perplexe devant son sourire puis sans trop savoir pourquoi, il relâche la pression de son corps. Elle passe du coq à l’âne dans ses émotions, le tout, en un clin d’œil et il n’est plus habitué à cela. Du moins, plus beaucoup. Puis, les douceurs reviennent, le lycan souffle, là au moins, il la reconnaît, du moins pour le peu qu’il a vu d’elle. Il se perd dans ce regard sans âge, il cherche ce qui lui échappe, mais c’est encore trop tôt pour lui. Sa réflexion est censée, il ne peut le nier, mais parfois, il faut voir au-delà des apparences.

Qui te dit que ce n’est pas déjà le cas. Tous ces soi-disant réseaux sociaux où ils affichent une vie parfaite ? Pour moi, ça ressemble à un zoo dans lequel ils vont de plein gré. Mais, tous ne sont pas comme ça, heureusement…

Sa remarque le fait tiquer, mais il se redresse pour la libérer enfin puis s’assied sur l’asphalte froid. Il glisse une main sur sa nuque et la masse longuement, dénouant chaque nœud avec minutie. Graham se sent con. Comment peut-elle croire qu’elle lui file la nausée ? Non, c’est juste qu’elle le brûle, qu’elle atteint son loup et ça le fait flipper.

Désolé, je ne voulais pas être blessant…

Il ne sait pas combien il l’a été juste avant. Le lycan se sent horriblement vide, comme ce funeste jour. Un violent frisson le secoue, il enfouit aussitôt les mauvais souvenirs au plus profond de lui. Il pensait en avoir fini avec ça, mais non apparemment.

Il y a des zones protégées dans et autour de Chicago. Certaines sont vastes…

À peine a-t-il dit cela qu’il le regrette. Il n’a pas envie de la voir partir, mais il ne peut penser qu’à lui. Doit-il lui dire que c’est grâce à l’aide d’humains que ces refuges ont vu le jour ? Il hésite, peut-être serait-ce mieux qu’elle le découvre par elle-même. La suite, il peut dire qu’il ne s’y attendait vraiment pas, mais l’homme et le loup comprennent la signification du geste. Bien qu’immobile, les yeux un peu écarquillés, il accepte ce contact amical. Et lorsqu’elle recule, un gémissement plaintif, ténu s’échappe de ses lèvres entrouvertes. Il entend ce qu’elle dit et en comprend le sens, mais cela lui rappelle trop son ancienne meute, à nouveau, il se braque. Lorsqu’elle parle d’enfermement, il ne peut s’empêcher d’échapper un rire. Rire qui balaie ses tensions et le soulage quelque peu. Rien de bien moqueur non.

Qui t’a parlé d’enfermement ? Il y a d’autres solutions…

Sa voix est douce, fatiguée, mais la lassitude a disparu. Graham finit par se lever et lui tend la main. Son regard sur elle a changé, il n’est plus question de doute, il accepte ce qu’elle est, mais n’oublie pas sa mission.

Tu devrais quand même manger quelque chose avant de repartir. Ça me permettra de te montrer certains endroits saufs ici et ailleurs.
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Dim 11 Fév - 19:18



Pendant qu'il parle elle se laisse asseoir pleinement sur le ciment dur, ramène ses jambes contre elle et les entoure de ses bras en l'écoutant silencieusement. Ses yeux se focalisent sur les abysses de la rue, vide. La lune est cachée par les nuages et la pollution, mais Sinead sait qu'elle est là, quelque part.
Elle n'a pas relevé son idée d'hypothétiques zones sécurisées. Penser à se terrer dans un endroit sans doute décidé par les hommes rameute un peu cette rage qu'elle avait calmé. Alors elle fixe loin devant elle sans cligner des yeux, à l'image d'une statuette.
Quand il lui offre sa main, elle regarde cette dernière sans comprendre. Il veut qu'elle lui donne quelque chose ? Mais quoi ?
Puis elle comprend soudain qu'il veut l'aider à se relever.... étrange. Un sourire sauvage aux lèvres, elle accepte cette aide qu'elle ne considère pas avoir besoin.
Cette main qu'elle détestait, elle trouve que finalement la sensation n'est pas si rebutante. Sa proposition d'aller manger lui fait garder son sourire. La brise continue de jouer avec ses cheveux. Sinead ne se sent pas à l'aise avec le fait de devoir retourner dans un terrain délimité. L'étage d'un immeuble, elle y vivait parfois quand elle se sentait trop en danger, mais la plupart du temps elle préférait encore rester dans les ruelles noires, au coin d'une alcôve, sentir un extérieur qui n'appartenait à personne en particulier. Et puis, elle n'aime pas les maisons, celles-ci dévoraient trop de nature. Alors elle a subitement envie de se donner un peu de courage... si elle doit rester à côtoyer l'humain, il faut qu'elle-même s'accroche à sa nature autrement.
Elle grimace un peu rien qu'en sachant ce qu'elle va entreprendre, mais elle déboutonne quand même son manteau en s'éloignant de lui. Ses gestes lents lui offrent un air étrangement voluptueux. Elle laisse le tissu glisser sur ses épaules et murmure quelque chose, quelque chose d'inaudible tout en posant deux doigts contre ses lèvres. Des prières de son passé qui lui donnent de la force. La transformation est plus douloureuse que ce à quoi elle s'était attendue, à croire qu'elle n'a pas assez récupéré. Et pourtant. Dès qu'elle revient sous sa forme de louve, une inextricable joie la submerge. C'est comme se débarrasser d'un costume trop étriqué.
Des passants pourraient la voir, mais ça ne fait rien. Ils savaient dorénavant. Pourquoi aurait-elle besoin de se cacher ? Elle ne l'avait que trop fait. Les hommes, eux, n'avaient jamais eu à se cacher.
La pensée d'une nourriture consistante la fait trottiner allègrement vers l'homme.
La louve vient passer son museau dans la main restée le long du corps de l'homme ; elle y déniche l'odeur du lycan, pas humaine, elle comprend que ses habits et son mode de vie avaient recouvert ce qu'il était, mais pas supprimé. Ca la rassure un peu, alors elle lui mordille affectueusement la main, ça doit faire un peu mal, ça l'amuse. Elle le dépasse après ça, faisant en sorte qu'il ait pu frôler son pelage. Contrairement à la majeure partie de ses semblables, la rudesse de la vie n'avait pas rendu son pelage rêche. Doux, il était incroyablement doux et elle le sait... alors pendant qu'elle ouvre la marche elle se prend un peu au jeu, jouant la louve fière au maintient noble et aux pattes qui se soulèvent avec élégance. Soudain sa tête se retourne vers l'homme, les pattes écartées, en position de chasse : ses deux yeux jaunes aux reflets puissants le fixent sans pitié. Puis elle claque plusieurs fois de la mâchoire en grognant, on dirait un rire, comme si elle se moquait ouvertement de lui resté à l'état de bipède, et elle se redresse en perdant tout aspect intimidant. Durant leur marche, ils croisent un chat. Sinead fait mine de le courser pour amuser l'homme. Puis elle revient, repart, jamais très loin , sautillant quelques fois, grognant aussi. Dans le but d'alléger le coeur de l'homme. Parce que tout à l'heure, elle a senti comme une grande tristesse chez lui.

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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Dim 11 Fév - 21:29

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「 Drôle de meute … 」
Il aide à se relever sans vraiment être utile. Elle est souple, vive et agile, elle n’a pas besoin de lui, mais elle répond à ce geste symbolique, c’est tout ce dont il a besoin. Il la voit afficher une drôle d’expression puis elle recule. Son manteau glisse au sol et un petit sourire étire les commissures des lèvres du lycan. Pendant qu’elle reprend forme animale, il ne bouge pas. Une fois face à la louve, il sourit pleinement, la laissant venir à lui. Que dire de ce contact qui le réchauffe, le rassure. Pourquoi elle ? Comment est-elle parvenue à faire céder la haine des siens. Il cherchera à comprendre plus tard, pour le moment, il apprécie. Il a une petite exclamation amusée alors qu’elle le mordille, mais ne retire pas sa main pour autant. Sentir à nouveau son pelage sous ses doigts est comme le souvenir d’une drogue, de cette sensation si particulière qu’elle procure, bonne ou mauvaise d’ailleurs. Mais il l’accepte sans réticence. La louve a pris la tête de leur étrange duo, il ne s’en offusque pas. Il n’y a pas de liens dominant dominé pour l’instant, ça lui va très bien. Revenant sur ses pas, il ramasse son manteau et le cale sur une épaule. Il emprunte son sillage, amusé de la voir se déplacer ainsi. Elle possède tant de facettes et celle qu’elle lui révèle alors, lui plaît bien. Puis elle ressemble à un louveteau bien qu’elle soit loin d’en être un, il en mettrait sa main à couper. Elle parvient à lui arracher un sourire franc, à faire pétiller ses yeux, à lui permettre, pendant un instant de laisser le passé où il doit être. La voir debout sur ses pattes arrières le fait même rire un peu. Elle se donne du mal, il le sent bien alors il ne joue pas l’ingrat car il est touché par cette attention. Graham ne la quitte pas des yeux tout le temps du retour. Mais il ne la surveille pas, non, il profite juste de sa présence. Ils arrivent enfin. Graham referme le portail derrière eux. Juste une protection pour qu’ils ne soient pas dérangés. Il a toute confiance en son système de surveillance, mais parfois, un simple verrou permet de gagner un peu de temps. La louve l’attend devant les marches du perron. Graham la double, un sourire toujours sur les lèvres.

Tu n’es pas obligée d’entrer. On peut manger dehors.

Il disparaît à l’intérieur, le manteau trouvant une place suspendue dans le hall d’entrée. Graham gagne la cuisine, se lave les mains et réfléchit un instant. La viande qu’il a mis à décongeler ce matin est prête. C’est une cuisse de cerf. Il avait prévu de se faire plusieurs plats, mais le programme devient autre. Graham en découpe un large quartier entourant l’os qu’il réserve à la louve. Il traverse la cuisine et gagne l’arrière de la maison. Ils seront tranquilles à l’abri des regards indiscrets. Le lac s’étale au pied de la maison et ce soir, le vent vient faire mourir de toutes petites vagues à leurs pieds. La viande est déposée au sol, il hèle la louve puis retourne en cuisine se mitonner un bon plat de résistance. La viande sera juste saisie, les pommes de terre lui prennent un peu plus de temps, mais il apprécie de les préparer. C’est un des savoirs humains qu’il a découvert et dont il raffole. Graham se paie le luxe de rajouter un peu de verdure puis enfourne l’accompagnement. Il regagne l’extérieur et se dresse une table avec deux chaises. Il a l’orgueil de penser qu’elle choisira de rester sous sa forme animale pour manger, mais au cas où, elle aura une place. En attendant la fin de la cuisson, il s’allume une sèche et jeté un œil pour voir si elle l’a rejoint.
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Lun 12 Fév - 7:58

Spoiler:
 

te tuer, c'est comme si je la laissais mourir une seconde fois


Tout est calme, ici. La louve, assise sur le perron, fixe le portail fermé. Immobile de la sorte, elle ressemble à une gargouille de pierre blanche. Elle réfléchit et laisse le vent la rassurer alors que ses pensées s'emmêlent avec lui et cherchent à trouver un sens où elles pourront se tenir ; mais à chaque nouvelle fluctuation, c'est comme si elles retombaient, comme des feuilles d'automne que l'on croit choir pour toujours au sol mais qui recommence pourtant à tourbillonner sitôt par terre, encore, encore, jusqu'à ce que des humains décident que les feuilles mortes, à tournoyer de la sorte, ce n'était pas joli et qu'il fallait les balayer. Elle l'entend qui s'affère. Elle ne peut s'empêcher de rester perdue dans la contemplation de ce portail en fer froid. S'enfermer, pour trouver la tranquillité.

Lorsqu'il l'appelle, elle tourne sa tête mais ne bouge pas. La faim la tiraille. Elle hésite. Calme, la louve est calme, tristement calme.
Finalement elle se lève ; donnant l'impression que ses muscles sont venus à bout de cette vie. Elle contourne la maison et l'observe. Il a préparé une table, avec deux chaises. Un morceau de viande a été déposé non loin.
Il ne sait pas à quel point ce geste est signifiant pour un loup. Apporter de la nourriture... Sauf qu'il ne l'a pas chassée, elle ne le croit pas. Ici, la nourriture n'a pas d'autre choix que d'être de la nourriture ; il n'y a pas de chasse, pas d'efforts de survie, les bêtes naissaient pour nourrir les humains. Des produits. Tout comme ses frères.... elle s'en souvient, dans les enclos. Elle les avait vus attendre patiemment la viande que des soigneurs avaient balancée. A côté d'elle, une petite fille avait ri en les montrant du doigt. Sinead s'était accroupie et avait déposé sa main sur la vitre, essayant d'en appeler un. Mais ils ne l'avaient pas vue. Leur gueule mâchonnant une viande préparée, leurs yeux vides l'avaient regardée sans la voir.
Sans la voir.

Finalement, l'appel de la faim est le plus fort. Elle avance sans un bruit, laissant ses pattes rencontrer l'herbe. Elle comprend le respect qu'il lui offre dans ce silence, et elle l'accepte même si, une fois passée la joie de sa transformation, la tristesse est maintenant revenue.
Le lac est calme, pas aussi beau que ceux de ses souvenirs. Il voudrait qu'il existe une planète juste pour eux... Délicatement, son museau vient fouiller la viande. Si elle la mange, cela voudra dire qu'elle lui offre sa confiance. Après un temps d'arrêt, c'est ce qu'elle fait.. sous forme humaine, elle en aurait sans doute pleuré, mais pas là, elle se contente de déchirer la chair et de l'avaler, de panser son estomac que la nourriture apaise ; les crampes se calment et dans son cerveau elle sent la pression se relâcher. Seuls ceux qui mourraient de faim pouvaient connaître cette pression dans le crâne, quand elle s'abaisse, l'on croirait être drogué pour un temps.
Le goût de cette chair lui rappelle ses contrées.
Ses contrées ? Ce n'était pas les siennes.

— D'où venez-vous ma chère ? que lui avait demandé un auguste voyageur assis sur la banquette d'un train - un train qui aujourd'hui a été démantelé car il n'était plus assez rapide pour les humains. D'un certain âge, son monocle à l'oeil, il lui avait lancé un sourire sincère.

— Je...

Et là, voilà qu'elle avait froncé des sourcils sans pouvoir répondre. Tout simplement car elle ne le savait pas. Le nom donné à sa seconde forêt, sa montagne, ne se disait pas avec des mots. Elle se laissait appeler par la pensée, les courses et les hurlements ; les petites batailles, les mordillements et le regard rivé sur la voûte céleste, alors que des lucioles leur lançaient des clins d'oeil.

— J'habitais dans une forêt.

Il l'avait regardée avec des yeux ronds, avant d'éclater de rire.

— Mademoiselle, c'est bien la meilleure réponse que j'ai entendue de la part d'une consoeur ! Puis il en était retourné à la lecture de son journal, son petit sourire contenté aux lèvres. A l'époque, elle n'avait pas compris sa phrase. Aujourd'hui, elle se dit qu'il avait dû prendre plaisir à voir quelqu'un répondre autrement, rompre la monotonie de ce qui se disait tout le temps.
Peut-être.

Après avoir fini de manger, elle passe sa langue sur son museau. Puis elle se tourne vers lui. Elle se demande s'il connaîtra cela lui aussi, un jour. Ce sentiment d'avoir trop vécu, quand ceux qu'on pensait rester à jamais mourraient, que de cette meute qu'elle avait naïvement crue pouvoir former, il n'y restait que des souvenirs, éparpillés, à l'image de ces feuilles qui faisaient taches sur un trottoir.
Elle aimerait pouvoir lui montrer ce qu'elle a vu. Le silence si irréel qu'on se croyait devenu sourd, une zone naturelle  si noire qu'on pensait être revenu à la création du monde. Le caquètement étrange d'un de ses semblables, qui tendait son museau vers le ciel, et que tous les autres le suivaient dans un silence respectueux pour regarder là, cette petite étoile, puis une autre, et enfin le vol d'une chauve-souris ; ils se racontaient des histoires.
La vois-tu, cette lumière ?
Et celle-ci ? Elle a été regardée par d'autres avant nous, et continuera d'être vue... loin, loin, inaccessible mais visible, même si, Sinead le savait de ses amis bientôt éteints eux-aussi, les seuls humains qu'elle ait jamais foncièrement aimés dans cette autre forêt, celle qui n'était pas leur maison, rencontrés après un voyage périlleux sur un bateau qui avait fait vomir plusieurs fois Neils, "ces étoiles là, n'existent peut être déjà plus."
Sinead était-elle comme ces étoiles ? Brillante, jolie à voir mais plus à sa place ici ?
Ah... cette tristesse qui vient des tréfonds de son coeur, elle jurerait sentir son organe s’émietter au fur et à mesure.

Alors elle s'approche de lui. La louve aux yeux jaunes ne fait plus la fanfaronne. C'est un peu l'esprit de ses ancêtres qui la font avancer.
Ne lui en veux pas, Sinead.
Je sais, je le sais...
Sa gorge sanglée de cette peine qui lui donne envie de chanter, sa tête repousse gentiment le flanc de l'homme, un peu trop fort, son museau se cale sur le ventre, au plus prêt de ses habits, un museau aux dents qui pourraient déchirer ses entrailles et pourtant.... C'est sa tristesse qu'elle lui offre, le langage de ce qu'il n'est pas encore prêt à comprendre. Elle va devoir partir.
Adieu mon ami, adieu... qu'elle lui dit.

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C'était la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau; et, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa voix aux sanglots de ces demis-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses.
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Re: Une drôle de meute (PV Sinead) écrit Lun 12 Fév - 10:26

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「 Drôle de meute … 」
Graham respire le silence, vit le silence, vibre le silence puis des pas menus, de tous légers cliquetis révèlent son approche. D’abord, une silhouette fantomatique, puis les formes deviennent nettes, les couleurs éclatantes et pourtant, son comportement a changé. Comme si elle avait absorbé la tristesse du lycan qui se sent étrangement serein. La culpabilité le ceint alors, mais il ne sait pas du tout ce qui attriste la louve. Elle semble hésiter un instant puis finalement elle mange, Graham en éprouve une sorte de fierté, sentiment oublié depuis fort longtemps. Il écrase le mégot de sa cigarette et le range dans une petite boite en fer, puis dans une poche de son haut. Graham la contemple, le spectacle qu’elle offre est bestial, cru, mais Ô combien naturel. Et surtout cela lui parle. Il pousse un long soupir et ses épaules s’affaissent. Ses yeux se portent de nouveau sur le lac, le bruit du ressac est une berceuse dont il ne peut se passer. La noirceur et le faible mouvement des eaux ont cette faculté sur lui, le faire glisser dans une douce torpeur. La louve le saisit, il tressaille à son contact, mais plus par surprise. Aussitôt, il sent la chaleur de son être, la douceur de son poil, son odeur, mais aussi cette mélancolie. Brusquement il se rend compte qu’il aimerait lui prendre cet abattement, lui rendre la joie de vivre qui avait du la caractériser. Il pivote, prenant soin de ne pas la bousculer. La tête blanche entre ses jambes, il se penche et entoure l’encolure de l’animal de ses bras. Graham laisse ses doigts glisser dans la fourrure soyeuse avec un plaisir certain. Il reste un long moment silencieux, profitant juste de cette étreinte puis, ses lèvres près de son oreille, il murmure. 

Sois prudente. Tu peux revenir ici quand tu veux, c’est désormais aussi chez toi.

Le lycan n’est pas du genre à faire des promesses en l’air, mais il le sent. La séparation est proche et emmènera avec elle sa propre rédemption. Il se redresse un peu, prend la gueule de la louve entre ses mains et plonge son regard dans ses ambres dorés. Il lui fait un serment, un serment de présence, de soutien, d’alliance chaque fois qu’elle en aura besoin. Graham ne lui demande rien en retour. Sait-elle seulement ce qu’elle lui a apporté par cette rencontre des plus chaotique ? Comprend-elle qu’à partir de ce jour, elle ne sera plus jamais seule ? 

Si tu as des ennuis, contacte le S.A.I.S. et demande après moi. Demande Graham Davis. Je viendrai, c’est une promesse…

Ses mains se font caresses, réconfort puis il lui sourit la libérant enfin.

J’imagine que tu ne souhaites pas connaître les sanctuaires. Je respecte ton choix. Longe le lac alors, tu seras tranquille.

- Et reviens me voir, un jour… Ne m’oublie pas… - Le temps se suspend pour le lycan, porteur de promesses, jusqu’au prochain mouvement de la louve.

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